Royaume-Uni : cinq choses à savoir sur Jeremy Hunt, le rival de Boris Johnson pour le poste de Premier ministre

Le ministre des Affaires étrangères va une nouvelle fois tenter d'inverser la tendance à la télévision face à l'ancien maire de Londres, favori dans les sondages, après un premier débat animé organisé début juillet. 

Le député conservateur Jeremy Hunt, le 12 juillet 2019 à Cheltenham (Royaume-Uni).
Le député conservateur Jeremy Hunt, le 12 juillet 2019 à Cheltenham (Royaume-Uni). (CHRIS RADBURN / AFP)

Il n'en reste plus que deux. Candidats à la succession de Theresa May au poste de Premier ministre au Royaume-Uni, Boris Johnson et le ministre des Affaires étrangères britannique, Jeremy Hunt, vont participer à leur deuxième débat télévisé, lundi 15 juillet. Les 160 000 adhérents du Parti conservateur choisiront ensuite lequel des deux hommes deviendra chef du gouvernement. Le nom du vainqueur sera annoncé le 23 juillet prochain. Pour l'heure, c'est bien Boris Johnson qui mène la course dans les sondages. Le futur chef de gouvernement britannique aura la tâche de gérer la sortie du pays de l'Union européenne. L'ancien maire de Londres était d'ailleurs l'une des figures principales de la campagne pro-Brexit, contrairement à son rival. Voici cinq choses à savoir sur Jeremy Hunt. 

1Il s'est "converti" au Brexit

Jeremy Hunt, 52 ans, a succédé à Boris Johnson à la tête du Foreign Office [le ministère des Affaires étrangères britannique] en juillet 2018. Partisan d'un maintien dans l'Union européenne lors du référendum sur le Brexit de 2016, il prône aujourd'hui une renégociation de l'accord de retrait – ce que Bruxelles exclut pour l'heure – et propose la formation d'une nouvelle équipe de négociateurs, englobant davantage de sensibilités. Une solution qu'il tient pour le meilleur moyen d'éviter un "no deal" qui serait un "suicide politique". Par ailleurs, Jeremy Hunt table sur les "promesses de la technologie" pour régler la question de la frontière irlandaise, au cœur du blocage à Londres. Plus modéré que son rival dans ce dossier, il refuse de menacer de sortir sans accord à la date du 31 octobre.

2Il a tenté de vendre de la confiture au Japon

Jeremy Hunt est un bon connaisseur du Japon, un pays dont il parle couramment la langue et où il a vécu deux ans en donnant des cours d'anglais. "Tous les jours, je me suis battu pour maîtriser le système d'écriture, écrivait-il en 2005 sur son site (en anglais). Il faut apprendre 3 000 caractères pour lire un journal japonais. C'est sans doute un défi comparable à celui d'être élu." A son retour au Royaume-Uni, il explique s'être lancé dans l'exportation de confiture, la construction de terrains de jeux au Japon et la publication de guides pour les touristes, mais ces tentatives ont échoué. Une initiative ultérieure avec des guides cette fois réservés aux étudiants a bien mieux fonctionné.

Jeremy Hunt s'est parfois emmêlé les pinceaux. La presse britannique a beaucoup commenté sa gaffe commise lors d'un voyage en Chine, en juillet 2018, quand il a affirmé que sa femme était d'origine japonaise alors qu'elle est en fait d'origine chinoise.

3Il détient le record de longévité à la Santé

Jeremy Hunt a d'abord officié en tant que ministre de la Culture entre 2010 et 2012 avant d'occuper le ministère de la Santé pendant six ans, jusqu'en 2018, un record pour ce poste dans l'histoire récente du pays. Tout au long de son mandat, il a multiplié les réformes controversées, comme la mise en place d'un nouveau contrat afin d'accroître notamment le recours aux jeunes médecins le week-end et de réduire le nombre des "heures sociales" disponibles, lesquelles donnaient lieu à des compensations financières.

En 2016, ce projet a déclenché la première grève générale de l'histoire au National Health Service (NHS), le réseau public de soins britannique. "Il faut un talent certain de négociation pour pousser 98% des médecins en début de carrière à la grève", raillait une ancienne gréviste citée par The Guardian (en anglais). Rompu aux fonctions gouvernementales, Jeremy Hunt est ensuite devenu ministre des Affaires étrangères en 2018.

4Il est le fils d'un amiral de la Royal Navy

Jeremy Hunt est le fils de Nicholas, un amiral qui a été commandant en chef de la flotte britannique entre 1985 et 1987. Il a fait ses études dans une école privée prestigieuse, Charterhouse, avant d'intégrer l'université d'Oxford, où il a présidé l'association des étudiants conservateurs. "Mon père a passé toute sa vie dans la marine, j'ai donc beaucoup voyagé à travers le pays quand j'étais plus jeune", écrit l'intéressé sur son site, plusieurs années après. Très récemment, en pleine crise diplomatique avec l'Iran, Jeremy Hunt a promis d'accorder davantage de navires et de crédits financiers à la Royal Navy s'il devenait le prochain pensionnaire du 10, Downing Street.

5Il a comparé l'UE à une prison soviétique

Boris Johnson est connu pour ses frasques et ses gaffes, mais Jeremy Hunt est lui aussi capable de commettre des impairs. Lors d'un discours au congrès du Parti conservateur, en octobre 2018, le ministre des Affaires étrangères évoque les négociations en cours avec l'UE sur le Brexit et explique que "c'était l'Union soviétique qui empêchait les gens de partir" avant de lancer cet avertissement : "Si vous transformez le club européen en prison, le désir de s'enfuir ne diminuera pas (...) et nous ne serons pas le seul prisonnier à chercher à s'échapper."

Cette phrase avait été reçue tièdement à Bruxelles. "Nous gagnerions tous – et en particulier les ministres des Affaires étrangères – à ouvrir un livre d'histoire de temps en temps", avait notamment réagi le porte-parole en chef de la Commission européenne, Margaritis Schinas.