Indépendance de la Catalogne, Brexit, élection américaine... Trois fois où la Russie a été accusée d'ingérence

Après les Etats-Unis et le Royaume-Uni, c'est au tour de l'Espagne de se plaindre de piratage venu de Moscou. 

Vladimir Poutine à Moscou, le 18 juillet 2017. 
Vladimir Poutine à Moscou, le 18 juillet 2017.  (ALEXEY NIKOLSKY / SPUTNIK / AFP)
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A chaque pays ses soupçons. Après les Etats-Unis, c'est au tour du Royaume-Uni et de l'Espagne de dénoncer l'ingérence de la Russie dans leur politique interne. Franceinfo revient sur ces trois affaires. 

Le référendum d'indépendance de la Catalogne

Les accusations : Selon Madrid, des groupes installés en Russie auraient utilisé les réseaux sociaux pour mener une campagne de "désinformation" sur internet concernant la crise catalane. "Il a été prouvé" que la Russie a tenté d'interférer dans la crise catalane sur les réseaux sociaux, a assuré Alfonso Dastis, le ministre espagnol des Affaires étrangères. Il a notamment évoqué la création de faux comptes sur les réseaux sociaux, la moitié en Russie et environ 30 % au Venezuela, destinés à plaider pour la cause indépendantiste en relayant des messages favorables au référendum, rapporte Le Monde

La défense de Moscou : La Russie a nié, mercredi, toute ingérence ou tentative de déstabilisation dans la crise catalane. "Nous considérons ces affirmations comme non fondées et semblables, que ce soit volontaire ou non, à l'hystérie que nous observons aux Etats-Unis et dans d'autres pays", a ainsi déclaré aux journalistes le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Le Brexit

Les accusations : Des pirates informatiques russes ont attaqué le Royaume-Uni, et ciblé les secteurs de l'énergie, des télécommunications et des médias, a affirmé mercredi 15 novembre le responsable de la cybersécurité britannique. Sans "entrer dans les détails", il a "confirme que l'ingérence russe, observée par le centre national de cybersécurité l'année passée, s'est traduite par des attaques contre les médias britanniques, les télécommunications et le secteur de l'énergie". Ce centre, qui dépend du gouvernement, a répondu à plus de 590 incidents significatifs depuis sa création en 2016. Mais il ne précise pas quel est le nombre d'incidents qui ont un lien avec la Russie.

Plusieurs médias britanniques, comme The Guardian (article en anglais), ont rapporté que l'ingérence de la Russie s'est exercée pendant la campagne du référendum sur le Brexit. Plus de 150 000 comptes Twitter basés en Russie ont évoqué le Brexit les jours précédant le référendum, selon une recherche universitaire révélée par The Times. Et près de 45 000 messages sur le Brexit ont été publiés en 48 heures lors du référendum "dans une tentative apparemment coordonnée de semer la discorde", écrit le quotidien, citant une étude menée par les chercheurs de l'université de Swansea et de l'université de Californie à Berkeley.

La réponse de Moscou : La Russie a jugé "irresponsables et sans fondement" les accusations de Theresa May contre les actes "hostiles" de Moscou, y voyant la nécessité pour Londres de détourner l'attention de l'opinion publique britannique vers un "ennemi extérieur" dans le contexte du Brexit.

L'élection présidentielle américaine

Les accusations : L'affaire empoisonne le début de mandat de Donald Trump. Dans un rapport déclassifié début janvier, avant l'investiture de Trump, la CIA (Central Intelligence Agency), le FBI (Federal Bureau of Investigation) et la NSA (National Security Agency) ont conclu à une ingérence de Moscou pour favoriser son élection face à Hillary Clinton, jugée moins favorable aux intérêts de la Russie. Un procureur spécial, l'ancien directeur du FBI Robert Mueller, a été désigné en mai pour diriger cette "enquête russe" et trois anciens conseillers de Donald Trump sont désormais poursuivis. 

Le Congrès américain a convoqué, fin octobre, des représentants de Facebook, Twitter et Google pour clarifier l'ampleur de la désinformation russe pendant la campagne présidentielle. Facebook a ainsi révélé que jusqu'à 126 millions d'utilisateurs américains ont vu apparaître dans leur fil d'actualité des contenus mis en ligne par des intérêts russes dans le but d'influencer l'élection américaine.

Twitter a pour sa part identifié 36 746 comptes ayant créé des contenus automatiques, relatifs aux élections et liés à la Russie, soit 0,012% du nombre total de comptes existant au moment de l'élection. Idem sur YouTube, propriété de Google, où des chaînes liées à la Russie ont produit des vidéos ayant accumulé 309 000 vues dans les 18 mois précédant l'élection. Un chiffre important, mais loin d'atteindre un record.

La réponse de Moscou : Le chef de la diplomatie russe et le Kremlin ont démenti, mardi 14 novembre, toute ingérence de Moscou dans l'élection présidentielle américaine, affirmant qu'il n'y en a "pas une seule preuve". "On nous accuse sans une seule preuve d'ingérence dans les élections non seulement aux Etats-Unis, mais aussi dans d'autres pays", a fustigé le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, lors d'une conférence de presse. "Les Américains disent : 'Il y a des preuves.' C'est irréfutable, mais c'est secret. Ces excuses sont ridicules au vu de la gravité des accusations qui nous visent", a poursuivi le ministre.