Brexit : le Royaume-Uni va "être isolé", les relations avec l'Europe "seront difficiles", s'inquiètent des députés français

Alors que la Grande-Bretagne redeviendra un pays tiers le 31 décembre, l'eurodéputée Fabienne Keller estime qu'il est "fondamental de garder une relation amicale" avec Londres.

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Radio France
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Le Premier ministre britannique après l'annonce de la signature d'un accord commercial avec l'Union européenne, jeudi 24 décembre 2020. (PAUL GROVER / POOL)

À moins d'une semaine de la mise en oeuvre concrète du Brexit et deux jours après la signature d'un accord sur les futures relations commerciales entre l'Union européenne et le gouvernement britannique, l'eurodéputée et vice-présidente d'Agir, Fabienne Keller, estime samedi 26 décembre, sur franceinfo, qu'après ce "fait historique", il est maintenant "fondamental de garder une relation amicale" avec le Royaume-Uni qui "va être isolé". "Aucun État membre n'avait jamais souhaité quitter l'Union. Jusque-là, elle était uniquement attractive", note-t-elle.

"C'est très dommage" que les Britanniques quittent le programme Erasmus

Le Royaume-Uni va "rester lui même, avec ses 50 millions d'habitants, là où nous, nous sommes 400 millions d'habitants, un marché intérieur considérable, une capacité et une volonté de s'épauler", constate Fabienne Keller. L'eurodéputée ne pense pas que le Brexit puisse engendrer de nouveaux départs de membres de l'Union européenne.

L'économie britannique va plutôt un peu moins bien que celle des autres pays de l'Union.

Fabienne Keller

à franceinfo

Fabienne Keller affirme que le Parlement européen donnera son avis sur le texte "tel qu'il est" mais elle estime qu'"il est utile qu'il regarde les conséquences concrètes et demande des éclaircissements sur tel ou tel point, ou que cela ouvre des discussions complémentaires pour des détails de mise en œuvre". Certains détails de l'accord sur les relations commerciales post-Brexit, qui doit être adopté en seulement quelques jours, ont eu l'effet d'un "choc" pour l'eurodéputée, vice-présidente d’Agir.

Le fait que le Royaume-Uni quitte le programme Erasmus d'échange d'étudiants est notamment selon elle, "un grand paradoxe au moment où l'Union européenne augmente de 70 % le budget d'Erasmus". "C'est aussi un apport formidable d'avoir des jeunes européens qui viennent irriguer l'université, s'y former, créer un lien pour la vie entière avec leurs enseignants, avec des jeunes camarades d'études. C'est très dommage pour tous ces liens humains", regrette Fabienne Keller.

"La cohésion de l'Union européenne s'est manifestée"

"Les relations entre le Royaume-Uni et le continent seront plus difficiles", a prévenu samedi sur franceinfo Jean-Louis Bourlanges, député MoDem des Hauts-de-Seine et ancien député européen, de 1989 à 2007. Il estime que l'Union européenne a montré sa "cohésion" et que le Premier ministre britannique Boris Johnson se retrouve "dans une situation un peu difficile" à l'issue de l'accord commercial sur les échanges commerciaux entre les deux parties dont le contenu a été rendu intégralement public samedi.

L'Union européenne a profondément montré sa force et les Britanniques n'ont pas réussi à casser le jeu de l'ensemble comme ils en avaient certainement, fondamentalement, le désir.

Jean-Louis Bourlanges

à franceinfo

Jean-Louis Bourlanges estime que le Royaume-Uni a plusieurs fois tenté de "faire échouer" la construction européenne. "Quand ils sont sortis, c'est parce qu'ils ont eu le sentiment que l'Europe était mûre pour éclater. (...) Or, il s'est passé exactement le contraire, c'est à dire que la cohésion de l'Union européenne s'est manifestée", analyse Jean-Louis Bourlanges. Le député Modem rappelle que "le plan franco allemand, soutenu par la commission, a été accepté par les Hollandais qui n'en voulaient pas et par les Polonais et les Hongrois qui étaient réticents. (...) L'ensemble a tenu". "Nous avons abouti au moins mauvais des accords possibles".

Le Premier ministre britannique Boris Johnson est, lui, dans une situation "un peu difficile", selon Jean-Louis Bourlanges, notamment parce que Joe Biden, le nouveau président des États-Unis "est très attaché à la construction européenne. Il sait très bien que c'est un renforcement global pour les puissances occidentales et il est très attaché au maintien de liens privilégiés avec l'Union européenne".

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