Brexit : ce que prévoit Boris Johnson, favori pour remplacer Theresa May à la tête du Royaume-Uni

L'ex-maire de Londres est favori pour remplacer la Première ministre britannique. Il doit déposer sa candidature ce lundi, tout comme la dizaine d'autres prétendants.

Boris Johnson à Londres, le 7 juin 2019.
Boris Johnson à Londres, le 7 juin 2019. (DANIEL LEAL-OLIVAS / AFP)

Boris Johnson semble prêt à franchir le seuil du 10 Downing Street et doit déposer, lundi 10 juin, comme les autres prétendants à la succession de Theresa May, sa candidature pour le poste de Premier ministre britannique. L'homme à la tignasse blonde ébouriffée semble le favori pour lui succéder, même s'il doit encore convaincre les Tories, comme le remarque le journal Les Echos.

Ce conservateur, ancien maire de Londres, aurait alors la délicate mission de mener à bien le Brexit. Surnommé "Bojo", l'ex-secrétaire d'Etat aux Affaires étrangères prédit aux Britanniques un avenir glorieux au Royaume-Uni hors de l'Union européenne, avec qui il est prêt à un bras de fer dans les négociations. Que prévoit-il ? Franceinfo revient sur ses propositions.

Il est décidé à quitter l'UE "avec ou sans accord"

"Si j'entre [au 10 Downing Street], nous sortirons le 31 octobre avec ou sans accord. C'est ce que nous ferons", assure l'ancien ministre des Affaires étrangères dans sa première vidéo de campagne publiée sur le compte Twitter @BackBoris ("Soutenez Boris"), où il apparaît dans la rue, s'adressant à un homme.

"Nous devons avoir le courage de dire aux gens de ce pays que nous pouvons le faire si nous le voulons vraiment", dit-il ensuite à un couple de personnes âgées, levant le poing pour accentuer son propos.

Il menace de ne pas payer la facture du Brexit

Il promet d'être intransigeant avec l'UE. Boris Johnson a assuré que, s'il devenait Premier ministre, il refuserait de payer la "facture du Brexit" tant que l'Union européenne ne proposera pas à Londres de meilleures conditions de sortie. "Nos amis et partenaires doivent comprendre que l'argent sera conservé jusqu'à ce que nous ayons plus de clarté sur la voie à prendre", a-t-il dit dans un entretien au Sunday Times (en anglais).

La "facture du Brexit" correspond à la part des engagements financiers pris par le Royaume-Uni conjointement avec les autres Etats membres que Theresa May a accepté en décembre de verser aux prochains budgets européens, soit une somme de 35 à 39 milliards de livres (entre 39 à 44 milliards d'euros).

"J'ai toujours trouvé incroyable de devoir signer le chèque avant d'avoir un accord définitif. Pour obtenir un bon accord, l'argent est excellent solvant et un très bon lubrifiant", justifie Boris Johnson.

Il veut enterrer la clause de sauvegarde irlandaise

Boris Johnson a également déclaré au Sunday Times que les accords frontaliers avec l'Irlande ne devraient être réglés que dans le cadre d'un accord à long terme. Il rejette ainsi le filet de sécurité ("backstop") visant à préserver une frontière ouverte entre l'Irlande et la province britannique d'Irlande du Nord, que les eurosceptiques considèrent comme une manœuvre pour obliger le Royaume-Uni à continuer à suivre les règles de l'UE après le Brexit. La frontière physique entre la République d'Irlande et l'Irlande du Nord a été supprimée par les accords de paix de 1998 qui ont mis fin à trois décennies de violences communautaires dans la province nord-irlandaise.

Il propose une baisse d'impôts

Selon le Telegraph (en anglais), pour lequel Boris Johnson écrit une chronique hebdomadaire, l'ancien ministre proposerait de baisser les impôts pour les classes moyennes. La mesure est estimée à 9,6 milliards de livres, soit 10,8 milliards d'euros, par an et serait financée par l'argent actuellement mis de côté dans le budget du gouvernement pour faire face aux conséquences du Brexit. Boris Johnson proposerait de relever de 50 000 à 80 000 livres par an le seuil à partir duquel les travailleurs commencent à payer 40% d'impôt sur le revenu.