4 Vérités : en cas de Brexit, "aucun plan" n'est prévu pour le Royaume-Uni

Le journaliste britannique Alex Taylor est l'invité de Roland Sicard sur le plateau des 4 Vérités de France 2 ce jeudi 23 juin.

France 2

"Depuis deux semaines, le Brexit a le vent en poupe, même si l'assassinat de Jo Cox a calmé les esprits. D'habitude, à l'approche du vote, il y a un revirement vers un statu quo, comme en Écosse, mais ce n'est pas le cas cette fois-ci. Personne, ce jeudi matin, n'est capable de dire si mon pays sera encore vendredi dans l'UE ou pas", commente le journaliste britannique Alex Taylor, l'invité des 4 Vérités.

Le reporter explique la défiance historique des Anglais à l'égard de l'UE par le fait que "les Britanniques ont toujours eu un peu l'impression que l'Europe leur doit quelque chose. Contrairement au reste du continent, nous avons une très bonne expérience de la Seconde Guerre mondiale. Nous avons vaincu. Nous n'avons pas été occupés".

La presse pointée du doigt

Alex Taylor accuse la presse de son pays d'être la cause de la popularité du Brexit. "Treize millions de journaux sont vendus chaque jour contre trois en France et pratiquement tous les journaux sont anti-européens. Ils publient des unes du genre : Les Roumains volent dans votre maison quand vous n'êtes pas là ou Les Polonais sont des violeurs. C'est presque du niveau de ce qu'il y avait en Allemagne dans les années 30. Et les Britanniques, très influencés par la presse, lisent ça jour après jour. Alors forcément".

De plus, celui qui vit depuis 37 ans en France, juge David Cameron "pas très convaincant étant donné qu'il a passé toute sa carrière à s'engueuler avec les Européens et là, depuis un mois, il panique et fait campagne pour le maintien dans l'UE". "S'il y a Brexit, David Cameron va annoncer sa démission", avance le journaliste.

"Trumpisation" de la politique

Mais "s'il y a Brexit, les anti-européens comme Boris Johnson n'ont aucun plan, affirme Alex Taylor. Tout ce qu'ils font, c'est d'agiter le drapeau et dire que la Grande-Bretagne va redevenir grande. C'est la 'trumpisation' de la politique".

Enfin, le reporter estime "scandaleux que les Britanniques qui vivent à l'étranger depuis plus de quinze ans n'aient pas le droit de voter pour un référendum qui les concerne au premier chef". Il s'est rendu compte, à son grand regret, qu'ils "sont considérés comme des traîtres".