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David Cameron présente des excuses pour le "Bloody sunday"

Le nouveau Premier ministre britannique a rendu public le rapport très attendu sur le "Bloody sunday", la répression sanglante d'une manifestation à Derry (Londonderry), en Irlande du nord, en 1972. Il a officiellement présenté des excuses au nom du pays, imputant la responsabilité de la tuerie à des soldats qui avaient "perdu le contrôle". A Londonderry, le discours a été accueilli par des hourras.
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Radio France
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Il en va du conflit en Irlande du nord comme du conflit israélo-palestinien. La douleur accumulée de chaque côté rend chaque acte, chaque parole, chaque écrit difficile, et insupportable pour les uns ou pour les autres. Il est donc impossible de savoir si les excuses du Premier ministre britannique David Cameron pour le massacre du “Bloody sunday” vont cicatriser les plaies en Ulster, ou les raviver.

Le nouvel occupant du 10, Downing Street a présenté lui-même le rapport du juge Lord Saville sur le massacre. Un document monumental de 5.000 pages, qui a demandé 12 ans d'enquête et regroupe 2.500 témoignages (lire notre précédent article). David Cameron a estimé, à la lecture de ce document, que la répression de la manifestation du 30 janvier 1972, qui a fait 14 morts au total, n'était “ni justifiée ni justifiable”. Il s'est dit “profondément, profondément désolé” , au nom du Royaume-Uni et a ajouté que les soldats qui avaient tiré sur la foule avaient “perdu le contrôle d'eux-mêmes”. Se présentant comme un patriote partisan de l'armée, le Premier ministre a justifié ses excuses en expliquant qu'on ne défendait pas l'armée britannique “en défendant l'indéfendable”.

A Derry (le Londonderry des unionistes), la ville du massacre, le discours diffusé sur écran géant a soulevé des hourras dans le millier de personnes rassemblées là. Les familles des victimes espéraient que le rapport innocenterait leurs proches décédés, accusés par les militaires de les avoir menacés avec des armes et des bombes artisanales.

La question à présent est de savoir si les soldats mis en cause dans le rapport seraient poursuivis en justice. Les proches des victimes, et plus généralement les catholiques le demandent. Mais une telle décision risque de provoquer un tollé chez les unionistes, qui ne se privent pas de rappeler que de nombreuses personnes des deux camps condamnées pour meurtre ont été libérées après les accords dits du Vendredi-Saint, en 1998, notamment des dirigeants de l'IRA.
_ Ainsi, la repentance du gouvernement risque, 38 ans après, de raviver des tensions qui demeurent palpables en Ulster, même si la situation sur le terrain s'est apaisée.

Grégoire Lecalot, avec agences

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