Berlusconi affirme que ses enfants "se sentent comme les juifs sous Hitler"

Cette phrase de l'ex-chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, condamné de manière définitive à un an de prison, figure dans un livre à paraître bientôt.

L\'ancien chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, le 2 octobre 2013 au Sénat à Rome (Italie).
L'ancien chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, le 2 octobre 2013 au Sénat à Rome (Italie). (FILIPPO MONTEFORTE / AFP)

"Mes enfants disent qu'ils se sentent comme devaient se sentir les familles juives en Allemagne sous le régime d'Hitler. Nous avons vraiment tout le monde contre nous." La phrase est de l'ex-chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, condamné de manière définitive à un an de prison. Elle apparaîtra dans un livre du journaliste Bruno Vespa, dont des extraits sont distillés dans la presse depuis plus d'une semaine.

"Je suis italien à 100%. J'ai mes racines en Italie. (...) Je n'envisage même pas la possibilité de quitter l'Italie", dit aussi Silvio Berlusconi dans ce livre. Il aurait de toute façon du mal à s'exiler, son passeport ayant été saisi à la suite de la condamnation. Le Cavaliere, 77 ans, a été condamné de manière définitive le 1er août à un an de prison pour fraude fiscale. A la suite de cette décision de justice, le Sénat a prévu de voter en assemblée plénière sur la destitution de son poste de sénateur. L'ex-président du Conseil y voit le signe de l'acharnement de "magistrats de gauche" qui tentent, selon lui, de l'éliminer de la scène politique depuis vingt ans.

Une comparaison "inappropriée et incompréhensible"

Son commentaire sur les juifs a immédiatement suscité de nombreuses réactions négatives de la gauche et de l'Union des communautés juives italiennes. "Les nazis se sont acharnés contre les juifs avec une cruauté sans pitié de sorte qu'à la fin de cette tragique période, les juifs ont eu plus de six millions de morts. Toute comparaison avec les affaires de la famille Berlusconi est donc inappropriée et incompréhensible, mais représente aussi une offense à la mémoire de ceux qui furent non seulement privés de tout droit, mais qui, à l'issue d'incroyables souffrances, furent même privés de la vie", a déclaré Renzo Gattegna, président de l'Union des communautés juives italiennes.

"Berlusconi devrait avoir honte et demander pardon pour avoir fait cette comparaison", a déclaré quant à lui Emanuele Fiano, du Parti démocrate (PD), principale formation de la gauche. Tandis que Danilo Leva, responsable du département Justice du PD, a estimé que le Cavaliere avait "complètement perdu tout sens de la mesure".