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Après sa condamnation définitive, quel avenir pour Berlusconi ?

La Cour de cassation a confirmé la peine de prison du Cavaliere dans l'affaire Mediaset. S'il devrait éviter la prison, sa carrière politique prend un coup.

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France Télévisions
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L'ancien président du Conseil italien, Silvio Berlusconi, devant sa résidence à Rome (Italie), le 27 avril 2013. (APTN / AP / SIPA)

Trente-trois procès depuis 1994, mais jamais la case prison au final. Toutefois, jeudi 1er août, ni les lois sur mesure votées par sa propre majorité, ni le délai de prescription n'ont permis à Silvio Berlusconi d'éviter la condamnation définitive. La Cour de cassation a confirmé la peine de quatre ans de prison, dont trois couverts par une amnistie, infligée au Cavaliere pour fraude fiscale dans l'affaire Mediaset. Quelles conséquences sur la vie politique italienne ? Décryptage. 

Il évite (pour l'instant ?) l'inéligibilité...

C'était la peine qu'il redoutait le plus, mais Silvio Berlusconi bénéficie d'un répit. En parallèle de la confirmation de sa condamnation à de la détention, définitive elle, la Cour de cassation a en effet décidé de faire rejuger en appel son interdiction d'exercer une fonction publique pendant cinq ans. Elle estime qu'au regard de la loi, "il aurait du être privé de ses droits politiques uniquement pour une période allant d'un à trois ans", note Le Figaro

La cour d'appel de Milan doit donc se prononcer rapidement sur cette question, probablement dès la rentrée afin d'éviter le délai de prescription qui frappe cette affaire à la fin de l'année. 

... mais va voir sa marge de manœuvre réduite

Du fait de son âge, 76 ans, et puisque trois des quatre ans de prison auxquels est condamné Silvio Berlusconi sont amnistiés, ce dernier devrait éviter la prison et être assigné à résidence pour un an, dans sa villa d'Arcore. Une fois son immunité parlementaire levée par le Sénat, où il a été élu en février dernier, "son activité politique sera forcément limitée", souligne Libération, qui précise qu'il "devra demander à un magistrat une autorisation pour toute rencontre ou sortie publique".

Cette première condamnation définitive sème le trouble tant au sein du Peuple de la liberté (PDL), le parti de Silvio Berlusconi, qu'au Parti démocrate (PD), le principal parti de gauche. Une partie pourrait juger impensable de continuer à gouverner avec la formation d'une personne condamnée, et provoquer de nouvelles élections. 

En attendant, l'ancien président du Conseil italien s'accroche. "D’une part, car l’opinion comprendrait mal qu’il fasse tomber le gouvernement Letta [au pouvoir actuellement], jusqu’à présent respecté", analyse le quotidien. D'autre part, "parce que la permanence de ses ministres au gouvernement reste la meilleure garantie pour ses entreprises".

Mais "le caïman", dont la carrière a été façonnée par l'affrontement avec les juges, selon Giovanni Orsina, professeur d'histoire contemporaine interrogé par Le Figaro, n'en a pas fini avec la justice. Pas moins de six procès, dont celui en appel dans l'affaire du Rubygate, l'attendent en 2014. Jeudi soir, Beppe Grillo, le leader populiste du Mouvement cinq étoiles a proclamé sur son blog (lien en italien), peut-être un peu vite : "Berlusconi est mort."

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