VIDEO. Scorpions, Pink Floyd, David Hasselhoff... La playlist de la chute du mur de Berlin

Depuis sa construction en 1961, le mur a été à la fois source d’inspiration pour les musiciens et théâtre de concerts mythiques. Des rockeurs de Scorpions au violoncelliste russe Mstislav Rostropovitch, voici les chansons associées à sa chute.

Des cris, de la joie et de la musique. Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989, le mur de Berlin tombe dans l'effervescence. Berlinois de l'Est et de l'Ouest dansent sur la Lambada, le tube de l'été précédent, au rythme brésilien.

Depuis sa construction en 1961, le mur a été à la fois source d’inspiration pour les musiciens et théâtre de concerts mythiques. Ainsi, en 1977, David Bowie fait de la frontière séparant la capitale allemande le décor d’une histoire d’amour, avec Heroes. Deux amants s'embrassent au pied du mur, "comme si rien ne pouvait tomber", chante l'artiste britannique. Pourtant, en juin 1987, sa chanson fait trembler l'édifice de béton. Avec Genesis et Eurythmics, il donne un concert à Berlin-Ouest, à quelques mètres du mur, pour célébrer le 750e anniversaire de la ville. De l'autre côté, plusieurs centaines de Berlinois de l'Est tentent d'écouter quelques notes du concert, malgré le cordon de sécurité mis en place par la police. En juillet 1988, Bruce Springsteen se produit à Berlin-Est. Le "Boss", au sommet de sa gloire, s'adresse à la foule et lance un appel à faire "tomber toutes les barrières". Selon le Guardian (en anglais), ce concert crée une nouvelle brèche dans le mur, qui tombe seize mois plus tard. 

Hasselhoff et Rostropovitch devant le mur

Dans les jours qui suivent la chute du mur, Berlin devient une scène à ciel ouvert pour les artistes. Mstislav Rostropovitch pose son violoncelle à Checkpoint Charlie, l'un des postes-frontières du mur, le 11 novembre 1989. Assis sur une chaise empruntée dans une maison voisine, le virtuose russe interprète les Suites de Jean-Sébastien Bach. Une prestation improvisée, "à la mémoire de ceux qui étaient morts pour la liberté", raconte-t-il. Le lendemain, des dizaines de milliers de Berlinois assistent à un concert de rock où se produisent le bluesman Joe Cocker et plusieurs artistes allemands, comme la chanteuse de punk de RDA Nina Hagen. Marius Müller-Westernhagen atteint quant à lui le sommet du hit-parade du pays avec la version live de Freiheit ("Liberté" en français), rapporte le magazine Der Spiegel (en allemand)

Pour le réveillon du passage de 1989 à 1990, David Hasselhoff, l'acteur de la série Alerte à Malibu, monte sur les restes du mur. Affublé d'une veste clignotante, il chante Looking for Freedom, un tube allemand des années 1970. En juillet 1990, c'est Roger Waters, bassiste de Pink Floyd, qui électrise la ville avec un spectacle grandiose lors duquel une reconstitution du mur, d'une vingtaine de mètres de haut, s'effondre devant le public. Il interprète les chansons de l'album "The Wall", aux côtés de stars de l'époque comme Cyndi Lauper ou les Allemands de Scorpions. Ces derniers sortent Wind of Change, qui devient la chanson la plus vendue au monde en 1991. Si le titre évoque la chute des régimes communistes partout en Europe, il s'imposera comme l'hymne officieux de la chute du mur de Berlin.  

Au début de la décennie 1990, la jeunesse berlinoise danse au rythme de la techno. Les clubs s'installent dans les vieux bâtiments désaffectés de l'ancienne partie communiste de la ville. Les producteurs allemands Dr. Motte et WestBam, pionniers du mouvement, créent en 1989 la première "Love Parade", marche festive et musicale dans les rues de Berlin. La techno devient la bande-son de la réunification

Concert organisé par le bassiste de Pink Floyd, Roger Waters, pour commémorer la chute du mur de Berlin, le 21 juillet 1990. 
Concert organisé par le bassiste de Pink Floyd, Roger Waters, pour commémorer la chute du mur de Berlin, le 21 juillet 1990.  (ULLSTEIN BILD / GETTY)