L'ex-médecin d'une secte nazie basée au Chili purgera sa peine en Allemagne

Hartmut Hopp, ancien médecin de Colonia Dignidad, a été condamné à une peine de cinq ans et un jour de prison par la justice chilienne.

Hartmut Hopp, l\'ancien médecin de la Colonia Dignidad, le 12 août 1997 à Parral (Chili).
Hartmut Hopp, l'ancien médecin de la Colonia Dignidad, le 12 août 1997 à Parral (Chili). (REUTERS)

Il ne devrait plus échapper à la justice. L'ex-médecin de Colonia Dignidad, une secte fondée au Chili par un ancien nazi, purgera en Allemagne sa peine de cinq ans et un jour de prison infligée par la justice chilienne pour complicité d'actes de pédophilie. C'est la décision prise lundi 14 août par le tribunal de grande instance de Krefeld (Allemagne). Il a jugé "recevable" le verdict chilien contre Hartmut Hopp et décidé qu'il serait appliqué en Allemagne. En 2011, peu avant le verdict, l'ex-médecin s'était réfugié dans son pays natal.

Hartmut Hopp était le bras droit de l'ancien caporal nazi Paul Schäfer, le fondateur en 1961 de cette "colonie de la dignité" présentée comme un village familial idyllique au sud de Santiago. C'était en réalité lieu de tortures d'opposants à la dictature d'Augusto Pinochet (1973-1990) et de sévices sexuels. L'ancien caporal a régné avec brutalité sur cette communauté allemande de quelques centaines de personnes, les soumettant à de sévères règles de conduite allant jusqu'à l'esclavage et multipliant les sévices sexuels sur les enfants. Arrêté en 2005, il est mort en prison en 2010.

Son avocat veut faire appel

L'ancien médecin septuagénaire peut toutefois faire appel de cette décision de justice qui "n'est pas exécutoire". Son avocat a d'ailleurs annoncé à l'agence de presse allemande DPA son intention de faire appel. L'ONG Centre européen pour les droits de l'Homme et constitutionnels a salué la décision du tribunal qui constitue un premier pas attendu de longue date en vue de punir les "crimes de Colonia Dignidad, en particulier le viol et les sévices sexuels sur les enfants".

L'ancien président allemand Joachim Gauck avait déploré l'an dernier au cours d'un déplacement au Chili les atrocités commises par cette secte, tandis que des victimes réclament réparation. Berlin avait aussi admis avoir fermé les yeux sur ce qui se passait dans cette communauté.