Allemagne : un néonazi avoue le meurtre d'un élu local favorable à l'accueil des migrants

Walter Lübcke, élu du parti d'Angela Merkel avait été trouvé mort, le 2 juin, à son domicile.

Un portrait de Walter Lübcke, hommage à l\'élu retrouvé mort chez lui à Kassel, le 2 juin 2019.
Un portrait de Walter Lübcke, hommage à l'élu retrouvé mort chez lui à Kassel, le 2 juin 2019. (YANN WALSDORF / PICTURE ALLIANCE / AFP)

Un néonazi allemand, a avoué le meurtre de Walter Lübcke, élu de la CDU, le parti d'Angela Merkel, a annoncé mercredi 26 juin le ministre de l'Intérieur, Horst Seehofer. Le suspect, Stephan Ernst, âgé de 45 ans, avait déjà été condamné en 1993 pour une attaque à l'explosif contre un foyers d'étrangers, mais il était sorti des radars des services de renseignements depuis plusieurs années. Le ministre de l'Intérieur a assuré que l'enquête sur ce "meurtre politique" n'était pas terminée et portait sur la recherche d'éventuels complices, même si le suspect assure avoir "agi seul".

Walter Lübcke, haut fonctionnaire territorial de 65 ans, avait été retrouvé mort, le 2 juin, sur la terrasse de sa maison à Wolfhagen, dans la banlieue de Kassel (ouest). L'élu s'était fait remarquer sur la question migratoire, en 2015, en défendant la décision de la chancelière d'ouvrir les portes du pays à des centaines de milliers de demandeurs d'asile. En octobre de cette année-là, il avait même invité les Allemands ne partageant pas ses valeurs à quitter le pays, ce qui lui avait valu les foudres de l'extrême droite et des menaces de mort.

Angela Merkel a appelé le 22 juin à combattre les néonazis "sans aucun tabou". Son parti, la CDU, a en outre menacé mardi d'utiliser "tous les moyens" contre ses membres tentés par une alliance avec le parti d'extrême droite AfD, qu'elle accuse d'être indirectement la cause du meurtre, par son discours anti-migrant virulent et ses attaques répétées contre les partis favorables à l'accueil des réfugiés.