Piratage d'un câble sous-marin par la NSA : Orange va se constituer partie civile

Selon des documents fournis par Edward Snowden, une unité de hackers de l’agence américaine a introduit un virus dans le réseau informatique de plusieurs sociétés, dont Orange.

Un slogan signifiant \"la NSA vous regarde\" sur la façade d\'une maison à Stassfurt, en Allemagne, le 29 novembre 2013.
Un slogan signifiant "la NSA vous regarde" sur la façade d'une maison à Stassfurt, en Allemagne, le 29 novembre 2013. (JENS WOLF / DPA / AFP)

Cette fois, la NSA s'en est pris à un important câble sous-marin, utilisé par Orange et quinze autres sociétés. L'opérateur télécom Orange a annoncé, lundi 30 décembre, qu'il allait se constituer partie civile dans cette nouvelle affaire de piratage par l'agence américaine de renseignements.

Selon le journal allemand Der Spiegel (en anglais), qui s'appuie sur des documents fournis par Edward Snowden, la NSA a piraté, en février, le réseau informatique de seize sociétés utilisant le câble sous-marin de télécommunications Sea-Me-We 4. En fibre optique, il relie l'Asie et l'Océanie à l'Europe. L'agence américaine a introduit un virus lui permettant de récupérer des informations concernant des flux de données, dont le lieu, la date ou les personnes participant à une conversation donnée.

Orange réfute toute responsabilité

"Orange n'a aucune implication dans de telles manœuvres, effectuées entièrement à son insu", indique l'opérateur, qui dit se réserver "toutes les possibilités d'action légale dans l'hypothèse où des données Orange transportées par le câble en question auraient fait l'objet d'une tentative d'interception"

Par ailleurs, Der Spiegel revient sur les méthodes de la TAO, une cellule secrète de la NSA, qui a développé des techniques d’espionnage depuis les attentats du 11-Septembre. TAO intercepterait secrètement des livraisons de matériel informatique, notamment des ordinateurs portables, pour y implanter des puces. La cellule s’appuierait sur des failles de sécurité des produits informatiques de nombreuses sociétés comme Microsoft ou Cisco. Une méthode qui permettrait à la NSA de récupérer des informations à distance.