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Vote en faveur de l'indépendance de la Catalogne : "L'heure est très triste et très grave"

Selon le député européen espagnol du groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe, Enrique Calvet Chambon, il ne peut "pas y avoir d'indépendance, il s'agit d'une sécession".

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Radio France
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Le député européen espagnol, du groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe, Enrique Calvet Chambon. (Gabinete eurodiputado Enrique Calvet)

Le Parlement catalan a adopté, vendredi 27 octobre, une résolution déclarant que la communauté autonome devient un "Etat indépendant prenant la forme d'une République", une décision à laquelle Madrid a riposté en mettant la région sous tutelle.

"L'heure est très triste et très grave", a réagi sur franceinfo le député européen espagnol, du groupe Alliance des démocrates et des libéraux pour l'Europe, Enrique Calvet Chambon, pour qui ce vote des députés catalans n'a pas de valeur. "Je suis franchement opposé à la sécession de la Catalogne", puisqu'il ne peut "pas y avoir d'indépendance, il s'agit d'une sécession", explique-t-il.

"On ne peut pas commencer à fragmenter l'Europe"

"Ce qui est en jeu, ce sont les valeurs européennes. (...) On ne peut pas commencer à fragmenter l'Europe autour de valeurs suprémacistes, racistes, xénophobes, d'exclusion", affirme le député, estimant qu'ils "n'ont pas d'autres bases. (...) Un petit peu moins de la moitié de la population des Espagnols qui habitent en Catalogne ont été en grande partie manipulés et sont au service d'une oligarchie".

Les velléités indépendantistes catalanes sont à rejeter, pour le député européen : "C'est un mouvement qui se base sur le fait qu'un certain peuple catalan serait supérieur aux autres, aurait droit, on ne sait pas trop comment, à une arcadie [région de Grèce] heureuse", juge Enrique Calvet Chambon.

"Nous avons créé le problème, nous devons l'arranger"

"La culture catalane existe, elle est merveilleuse, c'est indiscutable, comme existe la culture andalouse, la culture murcienne, la culture bretonne et la corse. Mais cela n'a rien à avoir avec un peuple élu, qui serait voué à une indépendance" maintient-il. "Non seulement la culture catalane existe, j'en suis friand, et je veux qu'on la diffuse encore plus, mais cela n'a rien à voir avec le fait d'avoir de plus grands droits politique que d'autres compatriotes".

"Je suis d'accord pour que les institutions européennes n'interviennent pas plus loin qu'elles l'ont fait, de façon exécutive. Nous avons créé le problème, nous devons l'arranger, et nous sommes en train de le faire d'ailleurs. Aujourd'hui je pense que nous commençons une nouvelle étape où on ne va plus avoir cette confusion et cette permissivité envers de très mauvaises valeurs", prévoit-il.

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