L'ancien roi d'Espagne Juan Carlos, soupçonné de malversations, a trouvé refuge aux Emirats arabes unis

La maison royale a levé le voile sur la destination choisie par l'ancien souverain pour son exil loin de l'Espagne.

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L'ancien roi Juan Carlos, le 14 avril 2014, lors d'une visite à Abou Dhabi (Emirats arabes unis). (KARIM SAHIB / AFP)

Fin du suspens pour l'ancien roi d'Espagne. Juan Carlos, qui a quitté son pays début août en raison de soupçons de malversations, est aux Emirats arabes unis, a annoncé la maison royale lundi 17 août. L'ex-souverain, âgé de 82 ans, s'y est rendu "le 3 août et y reste", a déclaré un porte-parole de la maison royale, sans autre précision.

Juan Carlos avait annoncé le 3 août qu'il partait pour "rendre le meilleur service aux Espagnols, à leurs institutions", et à son fils et successeur, Felipe VI, au moment où les justices suisse et espagnole épluchent ses comptes en banque de l'ancien monarque. Ce dernier avait fait savoir par son avocat qu'il restait à la disposition de la justice si besoin était.

Un départ mal vu par l'opinion

Aucune enquête ne vise à ce jour Juan Carlos lui-même, mais les accusations d'une ancienne maîtresse, Corinna Larsen, relayées par la presse, ont éveillé la curiosité d'un procureur de Genève sur sa fortune qu'il aurait placée sur des comptes secrets en Suisse. L'ancien monarque, qui entretient des liens étroits avec les monarchies du Golfe, y aurait notamment reçu 100 millions de dollars de l'Arabie saoudite en 2008.

Les procureurs de la Cour suprême espagnole, seule habilité à juger un ancien souverain, cherchent eux à savoir si la conclusion d'un contrat pour la construction d'un train à grande vitesse en Arabie saoudite aurait donné lieu à des commissions illégales et si le roi Juan Carlos en aurait bénéficié, comme l'affirme Corinna Larsen.

Les révélations de la presse sur l'enquête se sont succédé, accentuant la pression sur la maison royale qui a encouragé ce départ à l'étranger, avec l'accord du gouvernement. Le départ en exil de Juan Carlos n'a pas été bien accueilli en Espagne. Selon un sondage publié dimanche par ABC, journal favorable à la couronne, 56% d'un échantillon de 802 personnes le désapprouvent, tandis que 61% estiment qu'il nuit à son fils.

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