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Royal contre Nutella : la polémique en quatre rounds

Deux jours après avoir appelé à boycotter la pâte à tartiner au chocolat et aux noisettes, la ministre de l'Ecologie a présenté des "excuses" sur Twitter, mercredi 17 juin. 

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France Télévisions
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La ministre de l'Ecologie, Ségolène Royal, quitte l'Elysée mercredi 17 juin 2015 après le Conseil des ministres. (LIONEL BONAVENTURE / AFP)

La polémique a tourné court. Moins de quarante-huit heures après avoir attaqué sur Canal+ la pâte à tartiner Nutella et son fabricant, Ferrero, accusés de contribuer fortement à la déforestation en Asie par un recours massif à l'huile de palme, Sègolène Royal a dû faire marche arrière mercredi 17 juin.

La ministre de l'Ecologie a présenté ses excuses sur Twitter et s'est engagée à "mettre en valeur les progrès" de l'industriel agroalimentaire italien, soutenu par la classe politique de son pays. Retour en quatre temps sur ce match qui s'est apparemment soldé par la défaite de Ségolène Royal :

Acte 1. Ségolène Royal appelle au boycott de Nutella

Ségolène Royal attaque bille en tête, lundi 15 juin, la pâte à tartiner fabriquée par l'industriel italien Ferrero. "Il faut replanter massivement des arbres, parce qu'il y a eu une déforestation massive qui entraîne aussi du réchauffement climatique. Il faut arrêter de manger du Nutella, par exemple, parce que c'est de l'huile de palme", déclare la ministre, invitée du "Petit Journal" de Canal+. "Il faut qu'ils utilisent d'autres matières premières", souligne-t-elle, évoquant les "dégâts considérables" causés par les besoins en huile de palme.

Acte 2. Ferrero réagit

Refusant de commenter les propos de Ségolène Royal, Ferrero affirme mardi 16 juin être "tout à fait conscient des enjeux environnementaux". Il revendique "de nombreux engagements notamment concernant son approvisionnement en huile de palme". Il assure enfin que "la culture du palmier à huile peut aller de pair avec le respect de l'environnement et des populations".

L'entreprise, qui se fournit en Malaisie, en Papouasie-Nouvelle-Guinée et au Brésil, dit veiller à la traçabilité de ses matières premières, notamment via la Table ronde pour une huile de palme durable (RSPO). Une certification RSPO jugée "peu contraignante et largement insuffisante sur sa capacité à protéger les forêts", selon le Fonds français pour l'alimentation et la santé (FFAS) cité par L'Obs.

Acte 3. Les politiques italiens volent au secours de Nutella

Mercredi, plusieurs politiques italiens montent au filet pour défendre Nutella, une des marques italiennes les plus connues au monde. Le ministre de l'Ecologie, Gian Luca Galletti, lance cette injonction dans un tweet : "Que Ségolène Royal laisse les produits italiens tranquilles. Ce soir au menu : pain et Nutella." 

L'épouse du Premier ministre Matteo Renzi, Agnese, se rend, elle, au "Nutella Concept Bar" à l'Exposition universelle de Milan, dont le groupe Ferrero est l'un des principaux "partenaires officiels". Accompagnée de sa fille, elle commande ostensiblement une crêpe au Nutella et à la chantilly, rapporte le quotidien La Repubblica.

Acte 4. Ségolène Royal s'excuse

Devant cette offensive, la ministre de l'Ecologie jette l'éponge mercredi 17 juin. Elle adresse via Twitter ses "excuses", se disant "d'accord pour mettre en valeur les progrès" réalisés par la marque de pâte à tartiner en matière de recours à l'huile de palme.

A Public Sénat, elle déclare vouloir "éteindre la polémique".

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