Menacé par la montée des eaux, un village d'Alaska vote le principe d'un déménagement
Voilà plusieurs années que les habitants de cette île songent à déménager sur le continent si la situation devient invivable.
Pour ce petit village d'Alaska, c'est un vote historique. Menacé par le réchauffement climatique et la montée des eaux, le village insulaire de Shishmaref a pris la lourde décision de déménager sur le continent, après une consultation ouverte à ses 169 électeurs. En 2015, un habitant expliquait qu'il avait dû changer de domicile à treize reprises (en anglais) en seulement quinze ans.
Au total, 89 participants ont dit oui (94, selon la radio NPR), 78 ont dit non. Le vote a été serré car cette décision est un crève-cœur, dans ce village de pêcheurs et de chasseurs. "Notre communauté insulaire a découvert des objets vieux de 500 ans", explique Dona Barr, secrétaire du conseil municipal, interrogée par CNN (en anglais). Le vote est surtout symbolique, car aucun mouvement n'est prévu dans l'immédiat. Les villageois ont simplement décidé qu'ils devraient partir en cas de danger imminent. Une récente étude (PDF en anglais) avait localisé quatre sites pour un éventuel relogement.
Une trentaine de villages concernés en Alaska
Voilà des décennies que les 650 habitants de l'île assistent impuissants à la fonte des glaces de mer et du pergélisol, qui entraînent une importante érosion de la côte au profit de l'océan. Par le passé, certaines maisons ont même chuté dans l'eau ; d'autres ont dû être déplacées. Déménager le village tout entier aura un coût titanesque. Il y a quinze ans, une précédente estimation avait évoqué la somme de 180 millions de dollars (158 millions d'euros). Mais le prix pourrait être encore plus lourd aujourd'hui.
Les habitants de Shishmaref ne sont pas les seuls confrontés à cette menace. Au total, 31 communes d'Alaska sont menacées par le réchauffement climatique, selon une étude du Government Accountability Office (en anglais). Alors qu'une douzaine d'entre elles étudient la possibilité d'un déménagement, la plupart ne pourront pas prétendre à un financement fédéral.
En attendant leur grand départ, les habitants de Shishmaref composent avec une nature de moins en moins prodigue, en raison du climat. "Au fil des ans, il est de plus en plus difficile de recueillir assez de viande pour l'hiver."
Commentaires
Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.