VIDEO. "J'ai perdu 17 kg en un mois" : des agriculteurs racontent l'impact du glyphosate sur leur santé

Ils sont agriculteurs et enfants d'agriculteurs. Après des années d'utilisation des pesticides, en particulier du glyphosate, ils sont tombés malades, certains très grièvement. Franceinfo a recueilli leurs témoignages. 

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Valentine PasquesooneFrance Télévisions

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"J'ai eu des points de douleur dans le dos, qui m'empêchaient de dormir. J'ai perdu 17 kilos en quatre semaines." Marc Laloux, 79 ans, se souvient des premiers symptômes qui ont conduit au diagnostic de son lymphome. L'agriculteur retraité est tombé malade en 2013, après avoir utilisé des pesticides – dont du glyphosate – pendant plus de 30 ans.

Pour moi, le glyphosate est le lien direct avec le lymphome que j'ai eu à traiter. Ça ne fait aucun doute.

Marc Laloux

à franceinfo

Alors que la Commission européenne doit voter, jeudi 9 novembre, sur la réautorisation du glyphosate, plusieurs voix continuent de s'élever pour dénoncer les dangers de l'herbicide le plus utilisé au monde. L'association Générations futures a ainsi compilé de nombreux témoignages de victimes de cet herbicide, et d'autres pesticides. 

"On a empoisonné mon mari"

Armel Richomme, 62 ans, est un agriculteur récemment retraité de l'Ille-et-Vilaine. Après 18 ans d'utilisation de pesticides, le cultivateur et éleveur est passé au bio en 2001. Il est tombé malade cinq ans plus tard. Souffrant lui aussi d'un lymphome, Armel Richomme a subi une ablation de la rate en 2013. Son cancer a été reconnu comme maladie professionnelle. "Je suis en colère parce qu'on a empoisonné mon mari", réagit Brigitte Richomme, elle aussi agricultrice. "Et si on autorise le glyphosate, on va continuer", s'inquiète-t-elle.

Elise Aucouturier, 34 ans, regrette elle aussi que "l'impact économique" du glyphosate soit "plus important que celui de la santé". Elle sait de quoi elle parle : son père, agriculteur dans l'Allier, est mort d'un lymphome à l'âge de 58 ans. Comme pour Armel Richomme, son cancer a été reconnu comme maladie professionnelle. "Pour papa, c'était très difficile à intégrer qu'il puisse tomber malade à cause de son travail", se souvient Elise Aucouturier. "Pour un agriculteur, c'est toute sa vie, son travail."

Une moissonneuse près de Monthodon (Indre-et-Loire), le 4 juillet 2017. 
Une moissonneuse près de Monthodon (Indre-et-Loire), le 4 juillet 2017.  (GUILLAUME SOUVANT / AFP)