Glyphosate : Générations Futures attaque en justice les nouvelles autorisations de mise sur le marché

Cinq désherbants ont obtenu une autorisation de l'Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) le 8 octobre dernier. L'ONG accuse Emmanuel Macron d'avoir "abandonné ses engagements" d'interdire défintivement cette "substance dangereuse" pour l'homme.

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Radio France
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En 2017, l'ONG Générations futures dénonçait la présence de glyphosate dans les céréales courantes. (SEBASTIEN JARRY / MAXPPP)

L'association de défense de l'environnement, Générations Futures annonce, lundi 6 décembre, avoir entrepris "d’attaquer les 5 premières nouvelles autorisations de mise sur le marché de désherbants à base de glyphosate" devant les tribunaux administratifs. L'ONG accuse la France d'avoir "abandonné ses engagements d’une sortie réelle du glyphosate".

L’utilisation du glyphosate a été ré-approuvée pour cinq ans par l’Union européenne en décembre 2017 et la France avait voté contre. À l'époque, Emmanuel Macron avait "demandé au gouvernement de prendre les dispositions nécessaires pour que l'utilisation du glyphosate soit interdite dès que des alternatives auront été trouvées, et au plus tard dans 3 ans". En attendant que "des alternatives" soient trouvées, l’Anses ( l'Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) a commencé à délivrer de nouvelles AMM pour des herbicides à base de glyphosate. Le 8 octobre dernier, 5 premiers produits contenant du glyphosate ont obtenu cette autorisation de mise sur le marché : le Gallup 360 K, le Krypt 540, le Kyleo, le Touchdown foret et le Touchdown system 4. C'est pour annuler l'autorisation de ces produits que ces actions en justice seront menées devant les tribunaux administratifs à Lille, Cergy-Pontoise et Toulouse, précise Générations Futures. Ce sont "des recours au fond et également en référé".

Plusieurs études concluent à la nocivité sur la santé

Générations Futures a mandaté son avocat maître François Lafforgue pour mener ces procédures. Pour l'association, "ces recours juridiques sont particulièrement motivés par la publication récente d’études scientifiques de haut niveau montrant des effets sanitaires délétères du glyphosate". Le consortium Agricoh travaillant sur une cohorte de 316 270 agriculteurs en France, aux États-Unis et en Norvège a évalué le lien entre 33 pesticides et l’apparition de lymphome non hodgkinien (un type de cancer). "De même, le glyphosate est associé avec un risque aggravé de trouble du spectre de l’autisme chez les enfants dans une étude française de 2020 et est décrit comme un possible perturbateur endocrinien dans une autre étude de 2020", insiste Générations Futures.

"Devant ces données scientifiques nouvelles confirmant que le glyphosate est une substance dangereuse pour l’homme, nous ne pouvions pas rester sans rien faire face à l’inaction du gouvernement. Nous espérons que les tribunaux sauront, eux, protéger la population et les agriculteurs des dangers de cette substance qui n’a rien à faire sur le marché français et européen", explique François Veillerette, porte-parole de Générations Futures.

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