Glyphosate : aux Etats-Unis, Bayer débourse 10 milliards de dollars pour solder des litiges avec 100 000 plaignants exposés au Roundup de Monsanto

Ayant racheté en 2018 son rival Monsanto pour 63 milliards de dollars, l'Allemand est confronté depuis à des milliers de plaintes au sujet des risques supposés de cancer liés à l'utilisation de désherbants de Monsanto tels que le Roundup.

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France Télévisions
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Des bidons de Roundup, un pesticide développé par Monsanto, qui appartient à l'Allemand Bayer, en vente dans un magasin de Glendale, en Californie, le 19 juin 2020.  (ROBYN BECK / AFP)

Bayer a sorti son chéquier. Pour régler à l'amiable les litiges qui l'opposent à quelque 100 000 Américains  ayant souffert d'un cancer qu'ils imputent à leur exposition au Roundup, un herbicide à base de glyphosate produit par Monsanto, le géant allemand de la chimie a accepté d'indemniser les plaignants à hauteur de dix à onze milliards de dollars. 

Cet accord "mettra un terme à environ 75% des litiges" impliquant le Roundup, "qui concernent environ 125 000 plaintes au total", qu'elles aient ou non été enregistrées par les tribunaux, a déclaré Bayer dans un communiqué mercredi 24 juin, dans la soirée. Dans le détail, Bayer "effectuera un paiement entre 8,8 milliards de dollars et 9,6 milliards de dollars (7,8 et 8,5 milliards d'euros), pour résoudre le litige Roundup en cours, incluant une allocation destinée à couvrir les cas non résolus, et 1,25 milliards de dollars (1,1 milliard d'euros) pour soutenir un 'accord de classe' distinct afin de résoudre d'éventuels litiges futurs".

Bayer continuera cependant de commercialiser le Roundup de Monsanto et n'a pas l'intention de préciser sur ses emballage qu'il serait susceptible de provoquer l'apparition d'un cancer. Le groupe, qui n'admet dans ce règlement ni sa culpabilité ni avoir commis le moindre acte répréhensible, continue de considérer que le Roundup ne présente pas de dangerosité pour les agriculteurs qui l'utilisent en l'associant à ses semences génétiquement modifiées.

Un accord "financièrement raisonnable" estime le groupe 

Cet accord sur le Roundup "intervient au bon moment pour que Bayer mette fin à une longue période d'incertitude", s'est réjoui dans le communiqué Werner Baumann, président du directoire de Bayer, le jugeant "financièrement raisonnable par rapport aux risques financiers importants qu'impliquerait un contentieux courant sur plusieurs années". En outre, il "met en place un mécanisme clair pour gérer les risques de potentiels futurs litiges."

Cela ne devrait en tout cas pas éteindre les polémiques concernant le Round'Up, classé en 2015 "cancérigène probable" par le Centre international contre le Cancer (Circ), une instance de l'OMS, et le glyphosate. 

Dans un règlement séparé, Bayer a accepté de mettre un terme à une autre procédure ouvertes sur des cas de pollution d'eaux usées par des polychlorobiphényles (PCB) que Monsanto a produit avant 1977, en versant 820 millions de dollars.

Il versera enfin jusqu'à 400 millions de dollars pour résoudre des contentieux soulevés par des propriétaires de terrains qui affirment que leurs cultures ont été endommagées par l'usage dans des champs voisins d'un herbicide extrêmement volatile qu'il avait lui-même produit.

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