Fin du glyphosate dans trois ans : "Les engagements sont pris et seront tenus"

Le député LREM de la Creuse Jean-Baptiste Moreau a assuré mardi sur franceinfo que le glyphosate sera interdit en France d'ici trois ans, malgré le rejet lundi soir des amendements qui voulaient inscrire cette mesure dans la loi.

Des sacs de glyphosate utilisés en agriculture.
Des sacs de glyphosate utilisés en agriculture. (JEAN-FRANCOIS MONIER / AFP)

Jean-Baptiste Moreau, le député LREM de la Creuse et rapporteur du projet de loi Agriculture et alimentation, a assuré mardi sur franceinfo que le glyphosate sera bien interdit en France dans trois ans. La veille, l'Assemblée nationale a rejeté tous les amendements qui voulaient inscrire cette interdiction dans la loi.

"Je comprends la déception des gens qui ont porté ces amendements, mais que ce ne soit pas perçu comme un renoncement", a déclaré le député. "Les engagements sont pris et seront tenus", a-t-il martelé. "Dans trois ans, on interdit le glyphosate pour tout le monde, c'est non-négociable, c'est un engagement présidentiel".

franceinfo : Comprenez-vous les inquiétudes et la déception de certains députés ?

Jean-Baptiste Moreau : Je peux comprendre la déception mais moi j'ai confiance en la parole du président de la République et je suis certain que nous sortirons du glyphosate dans les trois ans, comme il s'y est engagé, et pas besoin de l'inscrire dans la loi pour ça. Ce n'est pas parce qu'on va l'inscrire dans la loi que trois ans vont passer plus vite. On a trois ans pour sortir, il faut entraîner les agriculteurs avec nous, mais la prise de conscience est déjà faite dans les têtes. Le rapport de l'Inra montre qu'on a 10 % de cas d'impasses techniques, il faut mobiliser la recherche pour résoudre ces problématiques des 10 % et, dans trois ans, on interdit le glyphosate pour tout le monde, c'est non-négociable. C'est un engagement présidentiel, et depuis le début de cette mandature on fait ce qu'on dit et on dit ce qu'on fait, donc il n'y a aucune raison que ça change.

Mais pourquoi ne pas inscrire la sortie du glyphosate dans la loi ?

L'engagement présidentiel était de mobiliser la recherche sur les 10 % et d'entraîner nos partenaires européens, parce que si on est seuls à prendre cette interdiction, on n'aura pas d'effet significatif sur l'environnement et on continuera à importer des produits qui seront cultivés avec du glyphosate, donc il faut bien entraîner tout le monde. Et en plus, si on parle d'un point de vue purement administratif, le ministère de l'Agriculture peut très bien, demain ou après-demain, interdire le glyphosate. Il n'y a pas besoin du Parlement pour ça. Je comprends la déception des gens qui ont porté ces amendements, mais que ce ne soit pas perçu comme un renoncement. Les choses sont claires. Les engagements sont pris et seront tenus. C'est un objectif réalisable.

Mais après le quinquennat d'Emmanuel Macron, si ce n'est pas inscrit dans la loi, il sera possible de revenir sur cette interdiction.

Ce sera inscrit dans la loi au moment où il faudra que ça le soit, c'est-à-dire d'ici trois ans. Il faudra l'inscrire dans la loi à un moment, mais on l'inscrira avec l'ensemble des paramètres en notre connaissance, à savoir le nombre d'agriculteurs qui sont en situation d'impasse technique, on le saura exactement dans trois ans. La Confédération paysanne encourage depuis longtemps une agriculture paysanne et bio. Même le syndicat majoritaire a proposé un contrat de solution de sortie des produits phytosanitaires au dernier Salon de l'agriculture. La profession agricole a pris conscience de tout ça. Le débat est tranché. Pourquoi le rouvrir ? Pourquoi rouvrir des plaies qui ne sont peut-être pas encore fermées pour relancer une polémique qui n'a pas lieu d'être ? La position du président de la République est claire et nette et la position de la majorité l'est aussi.