Chlordécone aux Antilles : fin des investigations, pas de mise en examen

Le procureur de Paris avait déjà estimé en mars 2021 que "la grande majorité des faits était déjà prescrite" dans ce dossier tentaculaire du chlordécone, cet insecticide massivement utilisé depuis les années 1970 dans les bananeraies de Guadeloupe et de Martinique.

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Radio France
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Plusieurs milliers de personnes manifestent à Fort-de-France, en Martinique, le 27 février 2021, contre la menace de prescription dans le dossier judiciaire du chlordécone. (LIONEL CHAMOISEAU / AFP)

Les juges d'instruction du pôle santé publique du tribunal judiciaire de Paris ont notifié le 25 mars aux différentes parties prenantes du dossier la fin des investigations dans l'enquête sur l'empoisonnement des Antilles, a appris franceinfo de source judiciaire, mardi 5 avril.

Le parquet doit désormais dire quelle orientation il compte prendre dans son réquisitoire définitif puis ce sera aux juges d'instruction de se prononcer. Les magistrats ont pour l'instant annoncé leur intention de clore le dossier sans prononcer de mise en examen, l'orientant ainsi vers un non-lieu.

Des faits en majorité prescrits

En mars 2021, le procureur de Paris Rémi Heitz avait déjà estimé dans le journal France Antilles que "la grande majorité des faits dénoncés était déjà prescrite" dès le dépôt des plaintes pour empoisonnement, mise en danger de la vie d'autrui et administration de substance nuisible effectué par plusieurs associations martiniquaises et guadeloupéennes en 2006.

Le chlordécone est un pesticide qui a été interdit en 1990 en France mais qui a continué à être autorisé par dérogation ministérielle jusqu'en 1993 dans les bananeraies de Martinique et de Guadeloupe. Il a provoqué une pollution importante et durable des deux îles, où les populations présentent un taux d'incidence du cancer de la prostate parmi les plus élevés au monde.

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