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Haïti, l'un des pays les plus pauvres de la planète, est rendu encore plus vulnérable par le poids de son histoire

Surnommée "la Perle des Antilles", la République d'Haïti longtemps colonisée par la France, compte 9 millions d'habitants. Plus de la moitié de sa population vit avec moins d'un dollar par jour et 78% avec moins de deux dollars.Son indépendance remonte à 1804 après la Révolution haïtienne (1791-1803), une révolte menée par des esclaves noirs.
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France Télévisions Rédaction Afrique
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Haïti est située dans la partie occidentale de l'île d'Hispaniola qu'il partage avec la République dominicaine. (France 2)

Surnommée "la Perle des Antilles", la République d'Haïti longtemps colonisée par la France, compte 9 millions d'habitants. Plus de la moitié de sa population vit avec moins d'un dollar par jour et 78% avec moins de deux dollars.

Son indépendance remonte à 1804 après la Révolution haïtienne (1791-1803), une révolte menée par des esclaves noirs.

Haïti est située dans la partie occidentale de l'île d'Hispaniola qu'il partage avec la République dominicaine. C'est en 1697 que la France récupère cette partie de l'île, l'envahisseur espagnol conservant l'autre partie, la future République dominicaine.

Les infrastructures haïtiennes sont délabrées, notamment en raison des ouragans réguliers qui s'abattent sur le pays. Mais l'extrême pauvreté de la population et la désorganisation de l'Etat transforme les catastrophes naturelles en catastrophes humanitaires. Haïti avait été durement frappé en 2008 par plusieurs ouragans qui avaient fait près d'un millier de morts.

L'occupation américaine en 1915
Les guerres civiles à répétition et la faillite économique vont entraîner de la part des Etats-Unis, déjà présents en République dominicaine, une première occupation militaire le 28 juillet 1915. Ils y resteront jusqu'en 1934, poussés dehors par l'hostilité de la propulation à l'égard de l'occupant.

La fin de l'occupation, ajoutée aux conséquences de la crise économique mondiale, engendra le retour à l'instabilité, et encouragea certaines velléités dictatoriales.

Arrivé au pouvoir par un coup d'État en août 1945, Dumarsais Estimée est renversé en novembre 1949 par une junte militaire. Le pouvoir reste entre les mains de l'armée jusqu'en septembre 1957, date à laquelle François Duvalier (dit "Papa Doc"), un ancien membre du gouvernement Estimé, est élu président.

Élu avec le soutien des Noirs et opposé à la bourgeoisie mulâtre, Duvalier, impose d'emblée une politique très répressive (interdiction des partis d'opposition, instauration de l'état de siège, le 2 mai 1958) et reçoit du Parlement l'autorisation de gouverner par décrets (31 juillet 1958).

Le régime Duvalier s'appuye sur une milice paramilitaire, les Volontaires de la Sécurité nationale, surnommés les "tontons macoutes", qui sème la terreur dans les rangs de l'opposition et parvient à étouffer toute résistance. Duvalier prononce la dissolution du Parlement le 8 avril 1961 et les États-Unis suspendent leur aide en signe de désapprobation.

L'exode de la population haïtienne
En janvier 1971, l'Assemblée nationale amende la constitution pour permettre à Duvalier de désigner son fils, Jean-Claude, comme successeur.

À la mort du dictateur, le 21 avril 1971, Jean-Claude Duvalier accède donc à la présidence de la République : il a 19 ans, d'où son surnom de "Baby Doc". Il donne quelques gages démocratiques avant de rétablir une dictature répressive dès la fin des années 1970.

La répression et l'extrême pauvreté dans laquelle le régime maintient la population provoquent alors l'exode de la population haïtienne, vers la Floride et les Bahamas notamment. En 1986, un soulèvement populaire renverse Jean-Claude Duvalier, qui part se réfugier dans le sud de la France.

Mais la fin de l'ère Duvalier ne signife pas pour autant la fin de la dictature. Aussitôt après son départ, une junte militaire dirigée par le général Henri Namphy s'installe au pouvoir. L'élection de Leslie Manigat à la présidence de la République en 1988, n'est qu'une parenthèse avant un nouveau coup d'État militaire du général Namphy (juin), lui-même remplacé en septembre par le général Prosper Avril.

Intervention américaine en 1994
Au pouvoir jusqu'en 1990, celui-ci doit faire face à de nouvelles révoltes. Sa démission ouvre la voie à des élections sous contrôle international, et à un semblant de normalisation de la vie politique.

Jean-Bertrand Aristide, un prêtre catholique qui s'est fait l'avocat des pauvres, remporte une brillante victoire en décembre 1990. Son accession à la présidence de la République redonne espoir au peuple haïtien mais, en septembre 1991, il est renversé par un coup d'État militaire et part se réfugier aux États-Unis.

Les milliers de boat people haïtiens qui tentent de gagner les États-Unis, refoulés pour la plupart par les garde-côtes américains. L'Organisation des États américains (OEA), puis l'Organisation des Nations unies (ONU) décrètent des sanctions contre le nouveau régime militaire du général Raoul Cédras.

Le pays est soumis à un blocus économique à partir de 1993. La situation alimentaire et sanitaire se dégradent, et les négociations pour le retour d'Aristide s'éternisent.

Finalement, les États-Unis décident une intervention militaire. Les troupes américaines débarquent en Haïti le 19 septembre 1994. La junte militaire doit quitter le pouvoir et le président Aristide est rétabli dans ses fonctions en octobre 1994. Son mandat touchait cependant à sa fin et la Constitution ne l'autorisait pas à en briguer un second. Élu en décembre 1995 l'ancien Premier ministre René Préval prend ses fonctions en février 1996.

En Février 2001, Jean-Bertrand Aristide est de nouveau réélu à la tête de Haïti, mais le pays n'en fini plus de s'enfoncer dans la crise et la violence. Il doit démissioner et quitte Haïti le 29 février 2004 pour aller se réfugier en Afrique du Sud, accusé de corruption et de trafic de drogue. Il est remplacé par Boniface Alexandre à la suite du coup d'état militaire.

En février 2006, l'ancien président René Préval, proche de Jean-Bertrand Aristide remporte l'élection présidentielle après une campagne houleuse. Premier ministre d'Aristide en 1991, il est élu sous la banière du Front de l'espoir grâce qui voix des plus humbles qui se sont regroupées derrière lui.

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