Évacuation du site de Bure : "On va reprendre ce bois", prévient un opposant

L'évacuation du site destiné au projet d'enfouissement des déchets nucléaires de Bure (Meuse) a été "une surprise", a admis jeudi sur franceinfo, Jean-Marc Fleury, président d'une association d'élus opposants.

Un opposant au projet d\'enfouissement de déchets nucléaires, à Bure (Meuse), le 14 août 2016.
Un opposant au projet d'enfouissement de déchets nucléaires, à Bure (Meuse), le 14 août 2016. (AFP)
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Les opposants au projet de site d'enfouissement de déchets nucléaires à Bure (Meuse) ne s'attendaient pas à être réveillés de bonne heure. "On ne pensait pas" que la gendarmerie allait agir, a reconnu sur franceinfo Jean-Marc Fleury, président de l'association des élus de Lorraine et Champagne-Ardenne opposés à l'enfouissement des déchets radioactifs (Éodra). Une opération d'évacuation menée par la gendarmerie a débuté jeudi matin à 6h15 pour mettre fin à l’occupation illégale du Bois-Lejuc, près de Bure (Meuse), a indiqué le ministère de l'Intérieur.

Visite du secrétaire d'État à la Transition écologique

Le site de 221 hectares est destiné au projet d’intérêt national Cigeo d'enfouissement des déchets nucléaires. Cette évacuation "est une surprise pour nous", ajoute Jean-Marc Fleury. "D'autant que le secrétaire d'État à la Transition écologique, Sébastien Lecornu, est dans la Meuse aujourd'hui [jeudi] et qu'il avait demandé à nous rencontrer demain [vendredi]. Nous avions accepté, mais nous n'irons pas le rencontrer. Ce ne sont pas des conditions de dialogue ce qui se passe", a annoncé Jean-Marc Fleury.

Sébastien Lecornu s'était déjà rendu sur place il y a quelques semaines. Il avait rencontré les personnes en faveur du projet d'enfouissement des déchets radioactifs. "Il devait nous rencontrer demain [vendredi], nous les opposants. On n'ira pas. On n'accepte pas ce type de comportement", insiste le président de l'association Éodra.

Monsieur Lecornu qui vient montrer ses gros bras avec Gérard Collomb, ça ne permet pas un dialogue efficace.Jean-Marc Fleury, président de l'association Éodraà franceinfo

L'opposant dit avoir compris que "la concertation, l'État n'en voulait pas, monsieur Hulot n'en veut pas, le Premier ministre n'en veut pas, monsieur Macron non plus. Ces gens-là ont décidé de montrer leurs muscles et bien qu'ils les montrent et nous on va montrer ce dont on est capable." Jean-Marc Fleury n'a jamais "vraiment cru à ce dialogue", mais il a toujours espéré. 

Dans un communiqué, le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb précise que cette évacuation est l'exécution d'une décision de justice du Tribunal de Grande Instance de Bar-le-Duc. Jean-Marc Fleury réfute cet argument. Le ministre "oublie de dire que ce bois, on ne sait toujours pas à qui il appartient et qu'il est occupé aussi illégalement par l'Andra [agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs]. Donc, décision de justice, il aurait pu attendre la fin, parce qu'il n'y a pas de décision de justice."

"Les conditions réunies" pour un nouveau Notre-Dame-des-Landes

Aujourd'hui, l'opposant met en garde. "Les pouvoirs publics n'ont pas pris la mesure de notre détermination. À chaque fois qu'ils font une action de ce genre, il y a des comités de soutien qui fleurissent dans tout l'hexagone. Ce projet devient une zone à défendre, ce qu'il n'était pas jusqu'à aujourd'hui. On va le reprendre ce bois."

Il prévient que les "conditions sont en train d'être réunies" pour faire un nouveau Notre-Dame-des-Landes à Bure. "Et c'est le gouvernement qui réunit ces conditions, ce n'est pas nous", conclut Jean-Marc Fleury.