Elections en Biélorussie : la principale opposante récuse la victoire du président sortant, des heurts éclatent à Minsk

Un photographe de l'AFP a vu des manifestants conspuer des policiers, quand d'autres brandissaient des drapeaux symbolisant l'opposition devant des cordons des forces de l'ordre.

Des opposants à Alexandre Loukachenko défilent dans les rues de Minsk (Biélorussie) après la clôture des bureaux de vote lors de l\'élection présidentielle, dimanche 9 août 2020.
Des opposants à Alexandre Loukachenko défilent dans les rues de Minsk (Biélorussie) après la clôture des bureaux de vote lors de l'élection présidentielle, dimanche 9 août 2020. (SERGEI GAPON / AFP)

"Je crois ce que voient mes yeux et je vois que la majorité est avec nous". Svetlana Tikhanovskaïa, candidate de l'opposition à la présidentielle en Biélorussie, a estimé dimanche 9 août que "la majorité" de ses concitoyens la soutenait. Elle dit ne pas se fier aux indications officielles qui donnent le président Alexandre Loukachenko très largement en tête.

Dans la foulée, des heurts ont éclaté à Minsk entre manifestants antigouvernementaux et policiers, qui ont fait usage de grenades sonores antiémeutes. Un photographe de l'Agence France-Presse a vu des manifestants conspuer des policiers, quand d'autres brandissaient des drapeaux symbolisant l'opposition devant des cordons des forces de l'ordre barrant l'accès à de nombreux axes du centre de la capitale. Les agences de presse russes et des médias biélorusses hostiles au pouvoir en place faisaient par ailleurs état de rassemblements dans différentes villes.

Engouement inédit pour une candidature de l'opposition

"Je considère que nous avons déjà gagné car nous avons vaincu notre peur, notre apathie, notre indifférence", a lancé Svetlana Tikhanovskaïa devant la presse, peu après la diffusion d'un sondage officiel réalisé à la sortie des bureaux de vote. Cette étude accorde 79,7% des suffrages au chef de l'Etat sortant et 6,8% à sa candidature.

La campagne a été marquée par une mobilisation jamais vue pour une candidate de l'opposition dans l'histoire récente de cette ex-république soviétique, dirigée depuis 26 ans par Alexandre Loukachenko.