Biélorussie : l'opposante Svetlana Alexievitch, prix Nobel de littérature, convoquée par les enquêteurs

Les autorités ont procédé à de nouvelles arrestations d'opposants au lendemain d'une manifestation monstre contre les résultats de la présidentielle.

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La journaliste et écrivaine biélorusse Svetlana Alexievich à Bogota (Colombie), le 19 avril 2016. (GUILLERMO LEGARIA / AFP)

La répression continue. Les autorités biélorusses ont multiplié lundi 24 août les arrestations d'opposants et de leaders grévistes au lendemain d'une nouvelle manifestation monstre contre les résultats de la présidentielle contestée du 9 août. Le mouvement inédit de protestation contre Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 1994, entre dans sa troisième semaine.

La lauréate du prix Nobel de littérature Svetlana Alexievitch a été convoquée par les enquêteurs dans le cadre des poursuites déclenchées contre le "conseil de coordination" formé par l'opposition et dont elle est membre, ont indiqué ses alliés. Deux membres de ce "conseil", Sergueï Dilevski et Olga Kovalkova, ont également été interpellés à l'entrée de l'emblématique usine de tracteurs de Minsk (MTZ), pour avoir illégalement organisé une grève selon leurs partisans.

Ce "conseil de coordination", chargé de promouvoir un transition politique, est soumis à la pression des autorités qui ont engagé la semaine dernière des poursuites pour "atteinte à la sécurité nationale". 

Pression sur les grévistes

Le président du comité de grève d'une autre importante usine, celle de fabrication de véhicules lourds MZKT, Alexandre Lavrinovitch, a également été appréhendé par la police lundi pendant qu'il collectait des signatures en faveur d'un nouvel arrêt de travail, ont dit des ouvriers à l'Agence France Presse. Enfin, le coprésident du comité de grève du producteur de potasse Belaruskali, Bokoun Anatoli, a aussi été interpellé lundi, à Soligorsk, une ville industrielle située à environ 135 km au sud de Minsk.

L'opposition, outre ses manifestations quotidiennes, a déclenché des grèves qui ont touché des secteurs clés de l'économie biélorusse, mais celles-ci ont perdu de leur ampleur après de multiples pressions des autorités sur les salariés.

Face à la contestation, Alexandre Loukachenko a accusé le "conseil" de l'opposition de vouloir "s'emparer du pouvoir" et a menacé de "refroidir certaines têtes brûlées" en son sein. Le chef de l'Etat multiplie les déclarations et mises en scène martiales. Dans un entretien au téléphone lundi avec Vladimir Poutine, son principal allié malgré des relations en dents de scie, Alexandre Loukachenko a informé son homologue russe des "mesures prises en vue de la normalisation de la situation" en Biélorussie, selon le Kremlin.

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