Trois questions autour des boîtes noires du MH17

Les séparatistes prorusses ont récupéré les enregistreurs de vol de l'avion qui s'est écrasé dans l'est de l'Ukraine, et disent vouloir les confier à des experts internationaux.

Un secouriste porte un boîtier pouvant être l\'une des boîtes noires de l\'avion de Malaysia Airlines, le 18 juillet 2014, à Hrabove (est de l\'Ukraine).
Un secouriste porte un boîtier pouvant être l'une des boîtes noires de l'avion de Malaysia Airlines, le 18 juillet 2014, à Hrabove (est de l'Ukraine). (REUTERS TV / REUTERS )

Quatre jours après le crash du vol MH17 de Malaysia Airlines dans l'est de l'Ukraine, les enregistreurs de vol de l'avion focalisent toutes les attentions. Ces boîtes noires ont été récupérées par les séparatistes prorusses, qui tiennent la zone du crash, mais l'incertitude demeure encore sur leur analyse et leur réelle utilité pour déterminer les causes de la tragédie.

Où se trouvent les boîtes noires ?

Un des chefs des insurgés, Alexandre Borodaï, a déclaré dimanche 20 juillet qu'ils avaient trouvé "certains matériels qui pourraient être les boîtes noires" "Ces éléments sont à Donetsk et entre mes mains", a-t-il précisé.

Une vidéo enregistrée vendredi par Reuters montre des secouristes mener des investigations dans un champ de blé. L'un d'eux semble avoir trouvé un boîtier de couleur rouge-orangé qui pourrait être l'une des boîtes noires.

Par qui vont-elles être analysées ?

Les séparatistes ont reconnu ne pas disposer de spécialistes pour analyser ces enregistreurs de vol. Ne faisant "pas confiance" aux experts ukrainiens, Alexandre Borodaï s'est dit prêt à les remettre aux experts internationaux chargés d'élucider les causes du crash.

Si les séparatistes tiennent leur parole, ils devraient donc remettre les boîtiers aux enquêteurs de l'Organisation internationale de l'aviation civile (OIAC). Cette instance, qui siège à Montréal, a d'ores et déjà envoyé des enquêteurs sur place, mais ceux-ci n'ont pas encore eu accès au site, leur sécurité n'étant pas assurée.

Outre l'analyse des boîtes noires, l'OIAC devra aussi étudier les enregistrements de contrôle aérien, les repérages effectués par les radars, les images satellitaires et mettre en place des équipes de médecins légistes et de spécialistes.

Quels renseignements peuvent-elles contenir ?

Chaque avion possède deux boîtes noires. La première enregistre les données du vol. L'évolution de nombreux paramètres, comme l'altitude, l'heure, la vitesse, le cap, la température extérieure ou la pression, est consignée. Les boîtes noires les plus récentes permettent d'enregistrer plusieurs centaines de paramètres, explique la BBC.

La seconde boîte noire enregistre les conversations à l'intérieur du cockpit, mais aussi tous les bruits qui y surviennent.

Dans le cas du vol MH17, ces informations pourraient confirmer que l'avion a bien été abattu par un missile. Toutefois, l'analyse des boîtes noires pourrait ne pas permettre de révéler de quel endroit et par qui le missile a été tiré. Sur la foi d'images satellitaires, les Etats-Unis affirment cependant disposer de preuves attestant que les séparatistes disposaient dans la zone d'une batterie de missiles à même d'atteindre un avion de ligne à haute altitude.