Vol MH17 : le site du crash au cœur d'une bataille diplomatique

Les séparatistes prorusses promettent de garantir la sécurité d'inspecteurs internationaux si le gouvernement ukrainien accepte une trêve. De son côté, Washington juge "inacceptable" la situation sur le site du crash de l'avion malaisien.

Des employés de l\'Etat ukrainien sur le site du crash du vol MH17 à Rassipnoe (Ukraine), le 17 juillet 2014.
Des employés de l'Etat ukrainien sur le site du crash du vol MH17 à Rassipnoe (Ukraine), le 17 juillet 2014. (DOMINIQUE FAGET / AFP)

Trois jours après la chute de l'avion malaisien assurant le vol Amsterdam-Kuala Lumpur, le site du crash, situé dans une zone sous contrôle des séparatistes prorusses dans l'est de l'Ukraine, est devenu un enjeu diplomatique. Le Boeing 777, qui transportait 298 personnes dont 192 Néerlandais, a très probablement été abattu par un missile.

Mais les rebelles empêchent encore, dimanche 20 juillet, l'accès au site aux responsables ukrainiens et aux inspecteurs internationaux. Ces derniers cherchent à récupérer les corps et à enquêter sur les circonstances dans lesquelles l'appareil s'est écrasé. Francetv info résume les positions de chacun.

Les séparatistes "garantiront la sécurité d'experts internationaux" seulement en cas de trêve

Les séparatistes prorusses vont garantir la sécurité d'inspecteurs internationaux sur le site du crash si Kiev accepte un cessez-le-feu, a indiqué l'un des dirigeants dans un communiqué. "Nous invitons Kiev à conclure immédiatement un tel accord avec la DNR [NDLR : république séparatiste de Donetsk autoproclamée] au moins pour la durée de l'enquête sur le site" de la catastrophe, a déclaré Andreï Pourguine, "Premier ministre adjoint" de la DNR.

Mais cet appel risque de ne pas être suivi d'effet. Le président ukrainien Petro Porochenko a demandé samedi à plusieurs dirigeants occidentaux qu'il avait eus au téléphone de reconnaître la DNR ainsi que la Républlique populaire de Lougansk (LNR) comme "organisations terroristes".

Londres plaide pour plus de fermeté vis-à-vis de Moscou

"La Russie peut profiter de cette opportunité pour sortir de cette crise dangereuse qui s'envenime. J'espère qu'elle le fera. Mais si cela ne se fait pas, alors nous devons réagir fermement", a réagi le Premier ministre britannique David Cameron dans un article publié dans le Sunday Times (article en anglais payant).

Selon lui, s'il est confirmé que l'avion a été abattu par un missile sol-air tiré depuis une zone contrôlée par les séparatistes prorusses en Ukraine, Moscou doit être tenue pour responsable. "Si c'est le cas, alors nous devons être clair sur ce que cela signifie : c'est la conséquence directe de la déstabilisation par la Russie d'un Etat souverain, de la violation de son intégrité territoriale, du soutien de milices brutales, et de leur entraînement et de leur armement", avance David Cameron.

"Nous devons réagir à cet affront par l'action. L'action de trouver ceux qui ont commis ce crime et de les traduire en justice. Mais cela va bien plus loin que la justice", écrit-il encore. L'Union européenne "devra revoir son approche concernant la Russie à la lumière de la preuve que les séparatistes prorusses ont abattu l'avion", a indiqué de son côté une porte-parole de Downing Street, les services du Premier ministre.

Les Etats-Unis s'alarment du manque de sécurité sur le site du crash

Les Etats-Unis ont jugé samedi soir "inacceptable" la situation sur le site du crash de l'avion malaisien, renouvelant leur appel à la préservation des preuves et à l'accès des enquêteurs internationaux. "Le site n'est pas sécurisé et il y a de nombreux témoignages concernant des corps qui ont été déplacés, des morceaux de l'avion qui ont été emportés, s'accompagnant d'une potentielle falsification des preuves", a déclaré la porte-parole du département d'État américain.

Vendredi et samedi, une trentaine d'inspecteurs de l'OSCE, première équipe internationale arrivée sur les lieux, n'a obtenu qu'un "accès limité" au site étendu sur plusieurs kilomètres, où gisent valises éparses, livres, jeux d'enfants et passeports. 

Certains débris "semblent avoir été déplacés", a indiqué le porte-parole de la mission d'observation de l'OSCE. Un chef séparatiste a confirmé samedi à des journalistes de l'AFP présents sur le site, à Grabove, que des corps avaient été emmenés à la morgue de Donetsk.