Visite d'Emmanuel Macron en Chine : les éleveurs de porcs français attendent que le président "porte" leurs dossiers

Emmanuel Macron se rend en Chine lundi 4 novembre en compagnie d'une importante délégation de chefs d'entreprises dont le président d'Inaporc, l'interprofession porcine française, alors que la forte demande chinoise tire les prix du porc vers le haut. 

Illustration. Une consommatrice Chinoise achète du porc dans un marché de Pékin le 10 juillet 2019.
Illustration. Une consommatrice Chinoise achète du porc dans un marché de Pékin le 10 juillet 2019. (NICOLAS ASFOURI / AFP)

A l'occasion de la deuxième visite d'Emmanuel Macron en Chine, lundi 4 novembre, une importante délégation de chefs d'entreprises du CAC40 ou de PME et d'ETI accompagneront le chef de l'État dans son voyage de trois jours entre Shangaï et Pékin. La France, invitée d'honneur de la foire aux exportations de Shangaï, mardi, sera représentée par un président qui entend, selon l'Élysée, encourager les autorités chinoises à ouvrir leur marché aux importations et aux investissements.

Guillaume Roué, président d'Inaporc, l'interprofession porcine française, fera partie du voyage pour vanter les mérites et consolider les exportations du porc français, à l'heure où la demande chinoise devient très forte depuis cet été, en raison de la peste porcine. Pour cet agriculteur-éleveur de porcs, "nous avons besoin que le président porte nos dossiers" en Chine.


La peste porcine a décimé tous les cheptels chinois, les exportations européennes ont fortement augmenté. La demande asiatique tire les prix vers le haut, avec un kilo de carcasse autour d'1,70€, soit 30% de plus qu'au mois de mars. Quelles sont les conséquences pour nous, consommateurs français ?

Guillaume Roué : Ils ont perdu énormément de cochons, on parle pratiquement de la moitié de leur cheptel, donc la demande chinoise est totalement exponentielle. La France est sur un train de 50% d'augmentation de ses exportations, et c'est la même chose pour les pays européens. L'ensemble de ces prix sont répercutés sur le consommateur français. La demande mondiale va s'accentuer, et cela va augmenter le prix du porc à la consommation, mais de manière assez modeste. Même à un euro le kilo [supplémentaire] à la consommation, le Français moyen consommant 32 kilos par an, cela fera 60 centimes par semaine. Maintenant, il faut que l'ensemble des maillons reste suffisamment raisonnable pour qu'il n'y ait pas une trop grosse inflation pour le consommateur, mais surtout faire vivre l'ensemble des maillons, notamment la transformation, qui a des difficultés à répercuter l'augmentation des prix du porc.

Vos collègues éleveurs chinois vivent des moments difficiles qui peuvent vous, vous permettre de sortir de la crise. Peut-on dire que la crise porcine française est derrière vous ?

En l'état actuel des choses, effectivement, la crise porcine, c'est un petit peu du passé, même si en tendance, sur un an, les prix n'ont pas totalement flambé pour les éleveurs, ils n'ont pas encore retrouvé la trésorerie. Mais il y a, effectivement, un certain nombre d'espoirs, dans les mois qui viennent, d'améliorations sensibles de la situation des éleveurs de porcs, qui pourront en profiter pour moderniser leurs exploitations, car elles en ont grandement besoin, compte tenu de l'argent qui a été perdu pendant de nombreuses années.

Accompagner le chef de l'État, à quoi cela va-t-il servir ? Vous voulez aussi saisir cette opportunité pour consolider des exportations futures ?

Nous avons un certain nombre de dossiers qu'il faut continuer à faire avancer, dont l'agrément des outils industriels capables d'exporter, d'une part, et d'autre part nous ne sommes pas à l'abri non plus de cette maladie qui se propage dans le monde entier. Ce que nous voulons négocier avec nos amis chinois, c'est l'autorisation de continuer à exporter, même si nous avions la maladie sur une partie du territoire. Cela s'appelle la régionalisation. Les négociations internationales sont souvent très complexes, et on a souvent besoin d'un arbitrage politique au plus haut niveau, c'est pour cela que nous avons besoin que le président porte nos dossiers pour que les autorités sanitaires françaises et chinoises se parlent un peu plus, et réussissent à trouver des consensus, pour que l'on puisse commercer normalement. La France est quand même un fleuron de la gastronomie, y compris sur la viande porcine, nous avons un produit de très haute qualité. On en profite effectivement pour passer des accords commerciaux, et aider nos amis chinois à reconstruire leur cheptel. La situation, je le répète, est extrêmement difficile pour les éleveurs asiatiques.