Hong Kong : "On se sent forcément concernés", témoigne un couple de Français expatrié

Les manifestants pro-démocratie se succèdent à Hong Kong depuis plus de deux mois. Plus d'une dizaine de milliers de Français y sont expatriés.

Des manifestants pro-démocratie occupent l\'aéroport de Hong Kong le 11 août 2019.
Des manifestants pro-démocratie occupent l'aéroport de Hong Kong le 11 août 2019. (MANAN VATSYAYANA / AFP)

Véronique et Guillaume vivent à Hong Kong depuis dix ans. Ce couple de Français n'avait jamais vu de telles manifestations dans ce territoire qu'ils connaissent paisible. "Ce qui est très impressionnant, explique Guillaume, c’est que Hong Kong est un endroit où tout se passe de manière relativement feutrée. Et là, il y a une incertitude : tous les matins on se lève en se disant qu’est-ce qui va se passer aujourd'hui ?" Ces derniers jours, de violents affrontements ont éclaté entre les contestataires et les forces de l'ordre, marquant un tournant dans la mobilisation qui touche le territoire.

"Un impact considérable sur l'économie"

Pendant deux jours, lundi 12 et mardi 13 août, les manifestants pro-démocratie ont investi l'aéroport de Hong Kong. Le mouvement de manifestations qui dénonce le recul des libertés publiques et les ingérences de la Chine, est dans sa dixième semaine. "Les enfants sont allés à certaines manifestations en juin, affirme Véronique. Ils ont trouvé ça très émouvant de voir tous ces jeunes manifester pour leurs droits de façon pacifique. Ça n'a rien à voir avec les manifestations que j'ai pu connaître à Paris, qui démarraient avec une volonté plus violente."

Le couple dit comprendre les revendications des manifestants. Dans l'entreprise de Véronique, une filiale d’une grande société française, les citoyens hongkongais sont autorisés à sortir du travail plus tôt pour aller manifester. En revanche Guillaume, employé du secteur bancaire, s’inquiète des conséquences financières du mouvement.

"On se sent forcément concernés parce que ce mouvement a un impact considérable sur l’économie hongkongaise, dit Guillaume. On parle beaucoup d'argent qui était placé ici, à Hong Kong, et qui est transféré à Singapour, en Europe ou au Moyen-Orient." Aujourd’hui, Véronique et Guillaume s’interrogent sur l’avenir de cette mobilisation, en espérant que Hong Kong évitera une intervention chinoise.  

Le reportage de Juliette Geay
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