"C’est un bon résultat mais il faut continuer" : après le geste de la cheffe de l'exécutif de Hong Kong, les manifestants poursuivent leur mouvement

Carrie Lam a annoncé mercredi le retrait du projet de loi controversé sur les extraditions, à l'origine des manifestations massives. Mais la décision est loin d'avoir convaincu les manifestants pro-démocratie.

Des manifestants et des policiers à Hong Kong le 31 août 2019.
Des manifestants et des policiers à Hong Kong le 31 août 2019. (ANTHONY WALLACE / AFP)

"Révolution de notre temps", "Libérez Hong Kong" : quelques heures après l'annonce de la cheffe de l'exécutif de Hong Kong, les slogans sont de retour devant le parlement hongkongais. Pour cette conférence de presse improvisée à la nuit tombée, les orateurs portent cagoule et casques de chantier. L'annonce de Carrie Lam de retirer la loi facilitant les extraditions vers la Chine continentale, texte qui a été le déclencheur en juin de la mobilisation sans précédent dans l'ex-colonie britannique, ne satisfait pas les manifestants.

C’est "un pansement sur une plaie à vif", expliquent-ils. La décision de Carrie Lam ne satisfait qu’une des cinq revendications des opposants. En robe tailleur, Jina travaille dans une multinationale de l’une des tours de verre du quartier : "Si elle avait retiré la loi il y a trois mois, tout le monde aurait été content. Maintenant, on a vu des policiers frapper des civils dans le métro."

Ils ont arrêté les gens, donc je pense qu’il est important de continuer à se battre pour la justice.Jina, une manifestanteà franceinfo

Un combat par la justice, ces élèves en ingénierie civile rassemblés dans les rues commerçantes de Wan Chai non loin des institutions, y ont consacré leur été : "C’est définitivement une bonne nouvelle. On a fait beaucoup de sacrifices. Nous nous sommes battus pour la justice, c’est un bon résultat mais il faut continuer", lance Tom, 21 ans.

Un bon résultat, mais qui ne va pas assez loin, estime pour sa part Andy Yep, 70 ans, retraité et joueur de football amateur dans un stade du centre-ville : "Hong Kong est devenu un État policier. Il faut une enquête indépendante sur les violences policières. Carry Lam a fait de sérieuses erreurs."

La police est dans le métro, devant les écoles en cette rentrée. No way !Andy, un manifestantà franceinfo

Des erreurs, c’est aussi l’avis de Kenneth Chan, professeur associé au centre d’études européennes et politiques de l'université baptiste de Hongkong et ancien député du mouvement pro-démocratie : "C’est vraiment trop tard. Alors que plus de 1 000 personnes ont été arrêtées par la police, après toutes ces violences commises par le régime… Non, désolé." Cinq revendications, pas une de moins, c’est désormais le nouveau slogan des protestataires hongkongais.