Guerre en Ukraine : les récentes prises de positions de Lula inquiètent et agacent une partie du camp occidental

La visite en Chine de Lula est l'objet de toutes les attentions. Les président brésilien et chinois évoqueront le dossier ukrainien, mais les positions de Brasilia ne font pas l'unanimité dans le camp occidental.
Article rédigé par France Info - Jean-Mathieu Albertini
Radio France
Publié
Temps de lecture : 2 min
Xi Jinping et Lula en 2009 pendant une rencontre à Brasilia (JOEDSON ALVES / AFP)

C'est une visite très attendue, le président brésilien Lula entame mardi 11 avril un déplacement de quatre jours en Chine. Le chef de l'État espère remettre le Brésil au centre de la diplomatie mondiale et se présenter comme un défenseur de la paix, en particulier sur le dossier ukrainien.

>> Economie : pourquoi l'idée d'une monnaie unique entre la Russie, la Chine et le Brésil se fait-elle de plus en concrète ?

Mais ces récentes positions divisent et agacent une partie du camp occidental. Dernière sortie en date : sa suggestion de céder la Crimée à la Russie pour mettre fin à la guerre. Jeudi 6 avril 2023, Lula avait en effet suggéré à Kiev de céder la péninsule ukrainienne annexée par Moscou en 2014, estimant que le président ukrainien Volodymyr Zelensky ne pouvait "pas tout vouloir".

La réponse de l'Ukraine ne s'est pas fait attendre : "Il n'y a aucune raison légale, politique ou morale justifiant qu'on abandonne ne serait-ce qu'un centimètre de territoire ukrainien", a écrit sur Facebook le porte-parole de la diplomatie ukrainienne, Oleg Nikolenko, tout en assurant apprécier "les efforts du président brésilien pour trouver un moyen d'arrêter l'agression russe". Le chef de l'Etat brésilien avait formulé fin janvier une proposition, aux contours encore flous, de médiation d'un groupe de pays dans le conflit en Ukraine.  

Remettre le Brésil sur la scène internationale

Pour Carlos Milani, professeur de relations internationales à l’Université de l’État de Rio de Janeiro, le président brésilien s'aventure sur un terrain trop glissant : "Peut-être que le Brésil n'a pas besoin d'entrer sur le complexe échiquier ukrainien pour briller sur le plan mondial, il y a tellement d'autres sujets où le Brésil a d'énormes atouts en main, comme sur la question climatique. Alors, quel besoin de s'aventurer en Ukraine ?"

Loin de rencontrer le succès escompté, ces initiatives font cependant office de ballons d'essai dans un monde en plein bouleversement : "Le Brésil tâte le terrain pour voir comment, sur le dossier si délicat de l'Ukraine, les principales puissances réagissent. Je pense que c'est aussi pour mieux saisir comment le Brésil peut se positionner dans la nouvelle donne géopolitique, parce que les choses ne sont pas encore très claires", décrypte-t-il. 

La diplomatie brésilienne n'est que trop consciente que la paix n'est pas pour tout de suite, mais après le mandat de Jair Bolsonaro, synonyme d'isolement à l'international, le Brésil de Lula, tente par tous les moyens, de se faire une place à la table des grands.

Prolongez votre lecture autour de ce sujet

Brésil

Commentaires

Connectez-vous à votre compte franceinfo pour participer à la conversation.