Brésil : les terres indigènes menacées par l'arrivée au pouvoir de Bolsonaro

Au Brésil, l'arrivée au pouvoir de Jair Bolsonaro a sonné le glas de la tranquillité des peuples autochtones. Le président d'extrême droite veut pouvoir exploiter leurs terres.

Au Brésil, les territoires des peuples autochtones sont menacés. Depuis l'investiture de Jair Bolsonaro, les intrusions dans les réserves indigènes se multiplient. Sur les terres de la tribu Uru-Eu-Wau-Wau, dans l'État de Rondônia, 12 hommes armés de tronçonneuses, de machettes et d'armes à feu ont pénétré la réserve avant de tomber nez à nez avec ces natifs. Un face-à-face tendu qu'un membre de la tribu a filmé avec son téléphone. "Ils ont dit qu'ils pouvaient violer nos terres parce que Jair Bolsonaro avait été élu et que plus personne ne nous défendrait maintenant", raconte-t-il.

"Il y a une constitution, elle doit être respectée"

Dès le début de son mandat, le président d'extrême droite promet l'ouverture des terres autochtones à l'exploitation minière et à l'industrie agroalimentaire. Les terres indigènes constituent 13% du territoire brésilien, avec 300 tribus et 850 000 autochtones. "Le gouvernement fédéral ne peut pas laisser envahir les terres indigènes, proteste le président de la Fondation nationale de l'indien. Il y a une constitution au Brésil, elle doit être respectée." Jair Bolsonaro juge la protection fédérale des indigènes excessive. Lors de la campagne présidentielle, il avait déclaré ne pas vouloir leur céder un seul centimètre carré de terres. "Il veut nous envoyer dans les villes pour exploiter nos terres, planter du soja, élever des poulets. Déplacer des gens pour élever des poules ? Je suis contre ça", s'attriste un autochtone. 

Le nouveau président du Brésil, Jair Bolsonaro, lors d\'une réunion ministérielle à Brasilia, le 3 janvier 2019.
Le nouveau président du Brésil, Jair Bolsonaro, lors d'une réunion ministérielle à Brasilia, le 3 janvier 2019. (MARCOS CORREA / BRAZILIAN PRESIDENCY / AFP)