Hong Kong : les manifestants utilisent une appli française pour éviter les coupures de réseau

FireChat, une application de messagerie instantanée, développée par un entrepreneur français installé aux Etats-Unis, permet d'échanger des messages quand il n'y a ni réseau cellulaire, ni connexion internet.

Des manifestants pro-démocratie consultent leur téléphone, à Hong Kong, le 29 septembre 2014. 
Des manifestants pro-démocratie consultent leur téléphone, à Hong Kong, le 29 septembre 2014.  (XAUME OLLEROS / AFP)

"Tchattez n'importe où. Même sans internet ou réseau." Les militants pro-démocratie descendus dans les rues de Hong Kong par dizaines de milliers, dimanche 28 et lundi 29 septembre, se sont laissés séduire par le slogan publicitaire de FireChat, une application de messagerie instantanée.

Au cours de ces deux journées, les Hongkongais ont téléchargé plus de 100 000 fois cette application développée par un Français installé en Californie, selon Rue89, qui cite le Wall Street Journal. FireChat fonctionne par Bluetooth, et porte à 70 mètres de distance, même sans réseau.

Depuis vendredi, les contestataires réclament dans la rue le suffrage universel pour les prochaines élections à Hong Kong, en 2017. La confrontation entre manifestants et forces antiémeutes a dégénéré lorsque les policiers ont tenté de déloger les protestataires en tirant des salves de gaz lacrymogène et au poivre. Par conséquent, les manifestants, pour la plupart issus d'Occupy Central, principale organisation pro-démocratie, craignent que les autorités chinoises coupent les connexions internet et cellulaires pour gêner leur mouvement.

Une application pour les connexions difficiles

L'usage de FireChat, fondé en 2011 par Micha Benoliel, est détourné. "A l'origine, l'application a été conçue pour permettre les échanges dans les rassemblements de foule où les connexions sont parfois difficiles, comme les stades ou les mégaconcerts", précise Rue89. Mais des activistes ont très vite repéré l'usage qu'ils pouvaient faire de cette application. Ce fut le cas en Irak, en juin, ou encore à Taïwan, lorsque les étudiants ont occupé le Parlement cet été, selon le site TechInAsia (en anglais).

Dans le cas de Hong Kong, c'est le leader du mouvement étudiant, Joshua Wong, 17 ans, qui a donné le signal dimanche sur sa page Facebook, suivie par plus de 200 000 personnes. De son côté, Micha Benoliel se réjouit de ce succès sur Twitter et profite de cette publicité gratuite.