Thaïlande : les militaires arrêtent l'un des principaux opposants au coup d'État

Convoqué par la junte au pouvoir, Sombat Boonngamanong avait refusé de se rendre et avait publié sur Facebook le message "Arrête-moi si tu peux".

Sombat Boonngamanong, l\'un des leaders des \"chemises rouges\", à son bureau à Bangkok (Thaïlande), le 14 octobre 2010.
Sombat Boonngamanong, l'un des leaders des "chemises rouges", à son bureau à Bangkok (Thaïlande), le 14 octobre 2010. (PORNCHAI KITTIWONGSAKUL / AFP)

Depuis le coup d'Etat, Sombat Boonngamanong menait campagne sur les réseaux sociaux et appelait les internautes thaïlandais à défier l'interdiction de manifester. La junte militaire au pouvoir a annoncé vendredi 6 juin l'arrestation de cet homme, l'un de ses principaux opposants, dans l'est du pays.

Sombat Boonngamanong était sur une liste de centaines de personnalités – hommes politiques, intellectuels ou journalistes – convoquées par l'armée, dans la foulée du coup d'Etat du 22 mai. Ceux qui s'étaient rendus à la convocation avaient été détenus pendant plusieurs jours et avaient dû s'engager par écrit à ne plus faire de politique.

Il risque deux ans de prison

L'opposant, figure des "chemises rouges", mouvement en faveur de l'ex-Première ministre Yingluck Shinawatra, avait refusé de rendre. Déjà à l'origine de la popularisation d'un signe de reconnaissance inspiré du film The Hunger Games, il avait publié sur Facebook le message : "Arrête-moi si tu peux". La formule a depuis été reprise par les opposants au coup d'Etat, qui portaient pour certains des masques à l'effigie de Sombat lors de manifestations éclair interdites.

"Nous avions une équipe qui le traquait via l'internet", a expliqué un porte-parole de la junte à l'AFP. Selon un responsable, Sombat Boonngamanong sera détenu durant plusieurs (jusqu'à une semaine), pour être interrogé "sur ses mouvements, son comportement et ses appels" à résister. Il sera ensuite présenté à un tribunal militaire, où il risque jusqu'à deux ans de prison.