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Chine : les nouveaux dirigeants tracent leur feuille de route

Le nouveau président en appelle à "une grande renaissance de la nation". Le Premier ministre compte accentuer le virage libéral du pays.

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France Télévisions
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Le président chinois, Xi Jinping, et le Premier ministre Li Kequiang, le 14 mars 2013 à Pékin. (MITSURU TAMURA / YOMIURI / AFP)

Le nouveau pouvoir chinois veut écrire une nouvelle page. Dans deux interventions successives, dimanche 17 mars, Xi Jinping, le nouveau président, et Li Keqiang, le nouveau premier ministre, ont exposé leur vision de la Chine pour les années à venir.

Le "rêve d'une grande renaissance de la nation"

Pour son premier discours solennel de chef de l'Etat, Xi Jinping, 59 ans, a appelé à la renaissance de la nation chinoise : "Nous allons continuer à nous battre pour la cause du socialisme aux couleurs de la Chine et pour réaliser le rêve d'une grande renaissance de la nation chinoise", a dit le plus haut dirigeant de la deuxième puissance mondiale, devant les délégués de l'Assemblée nationale populaire.

Le président s'est également adressé à l'armée. "Tous les soldats et officiers de l'Armée populaire et de la police militaire chinoises doivent, guidés par le Parti, être capables de remporter des combats et avoir pour objectif une armée forte et disciplinée", a-t-il martelé. L'armée chinoise doit selon lui "améliorer ses capacités à remplir ses missions et défendre résolument la souveraineté et la sécurité nationales". Une position tout sauf anodine à l'heure où les relations entre Pékin et Tokyo sont tendues en raison d'une dispute de souveraineté sur un archipel en mer de Chine orientale.

Libéralisation de l'économie et lutte contre la corruption

Après le discours du président, le nouveau Premier ministre, Li Keqiang, a donné sa première conférence de presse, une heure et quarante-cinq minutes durant lesquelles les questions des journalistes sont triées sur le volet.

"Ce que le marché peut faire, on doit le laisser davantage au marché. Ce que la société peut bien faire, on doit le laisser à la société". Au gouvernement de "s'occuper de ce qui lui revient", a-t-il expliqué.

Il a aussi promis de tailler dans l'immense bureaucratie et de réduire le train de vie de l'Etat. "Il va y avoir une baisse, et non une hausse, du nombre de personnes payées par le gouvernement. Il va y avoir une baisse, et non une hausse, des sommes dépensées pour le logement des officiels, pour leurs déplacements à l'étranger et pour l'achat des véhicules de fonction."

Li Keqiang s'est également engagé à une redistribution plus équitable des bénéfices de la croissance et à un combat "sans relâche" contre la corruption, fléau national à tous les niveaux du parti unique et de l'administration.

Une réforme des camps de travail

Le Premier ministre a annoncé la réforme attendue du très contesté système de "rééducation par le travail", qui permet aux policiers d'enfermer une personne jusqu'à quatre ans sans procès. "Les départements concernés s'activent pour élaborer un projet de réforme, qui pourrait être annoncé avant la fin de l'année", a-t-il affirmé. M. Li sans autre détail, en réponse à une question d'une journaliste chinoise.

Cyberattaques : les accusations de Washington rejetées

La polémique concernant les cyberattaques dont sont victimes les Etats-Unis ces dernières semaines a été évoquée par le Premier ministre, qui a rejeté toute responsabilité de la Chine. "La Chine est elle-même une victime majeure d'attaques informatiques. La Chine ne soutient pas les attaques informatiques. De fait, nous nous opposons à de tels agissements", a-t-il assuré.

"Nous devons nous garder d'accusations réciproques infondées", a-t-il lâché. Mercredi, Barack Obama avait directement mis en garde les autorités chinoises contre la multiplication des attaques informatiques visant les Etats-Unis, promettant des conversations "musclées" avec Pékin.

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