Vol MH370 : cette disparition "est un secret d'État, quelque chose de très sale"

"On fait semblant de le chercher depuis quatre ans", a réagi mardi sur franceinfo Ghislain Wattrelos, proche de victimes et auteur du livre "Vol MH370, une vie détournée". Selon lui, cette disparition "est un secret d'État". 

Ghislain Wattrelos,  auteur du livre \"Vol MH370, une vie détournée\", le 6 août 2015 à Paris.
Ghislain Wattrelos,  auteur du livre "Vol MH370, une vie détournée", le 6 août 2015 à Paris. (ALAIN JOCARD / AFP)

Les recherches du Boeing 777 qui s'est volatilisé le 8 mars 2014 avec 239 personnes à bord, peu après son décollage de Kuala Lumpur à destination de Pékin, se sont achevées mardi 29 mai. "Je n'attendais rien de ces recherches" et "on fait semblant de le chercher depuis quatre ans", a réagi mardi 29 mai sur franceinfo Ghislain Wattrelos, auteur du livre Vol MH370, une vie détournée (Flammarion). L'homme a perdu sa femme et deux de ses enfants dans cet avion qui n'a pas été localisé depuis sa disparition dans la zone de recherches de 120 000 km2 déterminée dans le sud de l'océan Indien. Pour Ghislain Wattrelos, cette disparition "est un secret d'Etat, quelque chose de très sale, quelque chose qu'on ne veut pas dire." Il met en cause le rôle de la France qui, selon lui, "a des informations qu'elle ne veut pas donner".

franceinfo : Comment réagissez-vous à la fin des recherches ?

Ghislain Wattrelos : Je ne suis pas surpris et je n'attendais rien de ces recherches, parce que je suis persuadé que l'enquête officielle ne me donnera jamais la réponse, qu'elle me ment depuis le 5e jour et qu'on recherche cet avion là où il n'est pas tombé. On ne risque pas de le trouver.

Ce n'est pas une erreur. On le fait exprès. Je vais vous donner trois raisons pour lesquelles il n'est pas là. Si l'avion avait été là, on aurait retrouvé des débris flottants. Un avion qui tombe dans l'eau fait des centaines et des centaines de débris. On n'a jamais retrouvé de débris flottant de cet avion. On a retrouvé des débris sur des plages, mais flottants non (...) Ça n'est jamais arrivé qu'un avion tombe dans l'eau et qu'on ne trouve pas de débris. Deuxième raison, s'il avait fait ce trajet-là, au moins cinq ou six pays l'auraient vu. On dit que l'avion a coupé ses communications. C'est-à-dire que les civils ne le voient pas, mais les radars militaires sont faits pour cela, pour voir des avions fantômes. Tous ces pays disent ne rien avoir vu. 

Enfin, les deux choses qui disent que cet avion est là, c'est un radar militaire malaisien qui dit que l'avion a retraversé la Malaisie et les foutues données de la société anglaise Inmarsat qui dit avoir suivi l'avion pendant huit heures. (...) On demande à en avoir la preuve depuis quatre ans. Les familles ne l'ont jamais eue. Le juge français le demande à la société privée anglaise. On lui dit 'non, on ne vous la donnera pas'. Si on ne veut pas nous donner les données, c'est qu'elles n'existent pas. Il n'y a aucune raison pour que l'avion soit là. On fait semblant de le chercher depuis quatre ans

Pourquoi dites-vous cela ?

On ne veut pas dire ce qui s'est passé. C'est un secret d'État. C'est quelque chose de très sale, c'est quelque chose qu'on ne veut pas dire. On l'a vraisemblablement abattu ailleurs. On l'a fait tomber ailleurs. On a essayé d'effacer les traces et évidemment, on envoie tout le monde ailleurs.

L'enquête française, c'est la seule enquête en laquelle j'ai confiance. Je n'ai aucune confiance dans l'enquête officielle. Dans l'enquête du juge français, j'ai extrêmement confiance. Le seul problème c'est que pour aller chercher les infos, il faut aller les chercher à l'étranger. C'est extrêmement difficile. Il y a deux pays qui se taisent dans cette histoire. C'est l'Angleterre et les États-Unis. L'Angleterre, société Inmarsat, société Rolls-Royce. Deux sociétés anglaises qui ne veulent pas donner leurs données au juge français. Le FBI est sur place le lendemain. Il faudra m'expliquer pourquoi le FBI est sur place le lendemain. Le FBI va prendre le simulateur de vol du pilote, mène l'enquête et ne dit jamais rien. Le juge français ne peut rien avoir. Boeing, société américaine impliquée dans cette affaire, n'a jamais donné quoi que ce soit et ne donne rien au juge français. Ces deux pays-là sont clés dans cette enquête.

Quelle est votre conviction, Ghislain Wattrelos ?

Ce n'est pas un accident. Au début, j'étais le seul à le dire, maintenant tous les experts le disent. C'est vraisemblablement une manœuvre militaire volontaire ou involontaire. Involontaire, cela arrive. Volontaire, ça veut dire qu'il y a quelque chose ou quelqu'un dans l'avion qui ne doit pas arriver à Pékin. Ou alors, si effectivement l'avion fait le chemin qu'on nous dit qu'il a fait, c'est-à-dire s'il a retraversé la Malaisie, cela veut dire qu'il y a des pirates qui ont pris le contrôle de l'avion (...) Et là on abat l'avion un peu plus loin. Mais il n'y a pas que ça. On pourrait dire aujourd'hui qu'on abat un avion pour éviter un 11-Septembre. Les familles pourraient l'accepter, mais il y a autre chose que ça.

Avez-vous rencontré les autorités françaises ?

J'ai vu le président Hollande qui m'a dit qu'il ne savait rien. Je lui ai répondu que je ne le croyais pas. J'ai demandé un entretien à Emmanuel Macron. Pour l'instant, il m'a dit que je verrai le secrétaire général de l'Elysée. Je pense que la France a des informations qu'elle ne veut pas me donner. J'en suis persuadé. Je le sais depuis l'été dernier puisque la France m'a toujours dit qu'elle n'avait rien, or les Australiens ont sorti une photo française montrant des débris (...) La France a bien évidemment des informations et excusez-moi, si la France n'a pas d'information là-dessus cela veut dire qu'il n'y a aucune coopération entre la France et ses alliés et que nos espions et services secrets sont un peu nuls (...) J'ai écrit ce livre pour dire que ça fait quatre ans, et qu'on peut dire des choses qu'on ne pouvait dire il y a quatre ans. Les gouvernements ont changé, alors dites-nous ce que vous savez. Depuis que j'ai écrit ce livre, quelques langues se sont déliées. J'ai quelques infos.