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Ce que l'on sait du débris d'avion retrouvé à La Réunion

La découverte de cette pièce relance les spéculations sur la disparition du Boeing 777 de la Malaysia Airlines en mars 2014.

Article rédigé par franceinfo
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Le débris a été retrouvé le 29 juillet 2015 sur le rivage à Saint-André de La Réunion. (JEAN-REGIS RAMSAMY / REUNION 1ÈRE)

D'où provient le débris d'avion retrouvé à La Réunion ? La découverte de cette pièce, mercredi 29 juillet, sur le rivage de l'île française relance l'enquête sur la disparition du Boeing 777 de la Malaysia Airlines, en mars 2014, avec 239 personnes à bord. On n'en a jamais retrouvé la trace, malgré d'intenses recherches dirigées par l'Australie dans le sud de l'océan Indien.

A quoi ressemble le débris ?

La pièce est longue de deux mètres et ressemble à un morceau d'aile. Elle a été retrouvée mercredi à la mi-journée à Saint-André de La Réunion, dans le nord-est de l'île, par les employés d'une association chargée du nettoyage du rivage.

Le débris "était rempli de coquillages, on dirait qu'il est resté longtemps dans l'eau", ont précisé des témoins. "Le débris devait peser environ 50 kg, je ne sais pas, et faire 1 mètre sur 2,5. Il y avait beaucoup de coquillages", explique à francetv info Johnny Bègue, qui a découvert le débris.

Quid du morceau de valise ?

Un morceau de valise marron a également été retrouvé jeudi matin à La Réunion, sur la commune de Saint-André, à l'endroit même où a été récupéré le débris d'avion. "Le morceau de valise était là depuis hier, mais personne n'y a vraiment prêté attention", a déclaré Johnny Bègue, qui, la veille, avait repéré le débris d'avion. Le morceau de valise a été récupéré par les gendarmes de la BGTA.

"On voit encore la fermeture de la valise toujours accrochée à un morceau de toile rigide", a relaté Johnny Bègue. "Là, c'est vraiment bizarre, ça me donne un peu le frisson", a-t-il ajouté.

Le débris appartient-il au Boeing 777 de la Malaysia Airlines ?

"Des informations préliminaires suggèrent que le débris vient très probablement d'un Boeing 777, mais nous avons besoin de vérifier s'il vient du vol MH370", estime, jeudi à la mi-journée, le Premier ministre malaisien, Najib Razak. Un peu plus tôt, la préfecture de La Réunion indiquait que la provenance du débris d'avion "n'est pas identifiée", "aucune hypothèse n'est exclue, y compris la provenance d'un Boeing 777".  Le Bureau enquête et accidents (BEA) a "été saisi afin de coordonner l'enquête française et l'enquête internationale, conduite notamment par les experts malaisiens et australiens", précise la préfecture. 

La compagnie Malaysia Airlines a, elle, qualifié de "prématurées" les spéculations selon lesquelles ce débris proviendrait du Boeing du vol MH370 disparu.

Sur la base de photos reçues de la pièce, un expert français en sécurité aérienne, Xavier Tytelman, relève sur son compte Twitter "des similitudes incroyables entre le flaperon d'un #B777 et le débris retrouvé". Les flaperons sont de petits volets disposés en bordure des ailes, que les pilotes actionnent au décollage ou à l'atterrissage.

Selon cet expert, la référence "BB670" est indiquée sur le débris. "Ce code ne correspond ni à l'immatriculation d'un avion, ni au numéro de série d'un appareil. Par contre, si ce flaperon appartient bien au MH370, alors il est clair que cette référence permettra de l'identifier rapidement. Dans quelques jours, nous aurons une réponse définitive", assure-t-il.

La Réunion se trouve cependant à des milliers de kilomètres de la zone présumée de la disparition de l'appareil. Mais pour Xavier Tytelman, cela n'invalide pas l'hypothèse : "En s'abîmant au large de l'Australie, ses débris ont simplement pu être balayés par le courant, et s'échouer à cet endroit au bout d'un an", écrit-il sur son blog.

Comment se déroule l'enquête ?

"Le parquet de Saint-Denis a tout d'abord diligenté une procédure de renseignement judiciaire confiée à la brigade de gendarmerie des transports aériens (BGTA)", indique la préfecture de La Réunion. Depuis, le pôle d'instruction du tribunal de grande instance de Paris "a pris en charge l'enquête dans le cadre d'une commission rogatoire"

Selon une source proche de l'enquête à Paris, la pièce "abîmée", longue de deux mètres et qui ressemble à un morceau d'aile appelé flapperon, est toujours en cours d'analyse jeudi par les enquêteurs de la BGTA sur place, mais aucune équipe de la brigade scientifique n'avait été dépêchée depuis la métropole.

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