Envoyé spécial, France 2

VIDEO. Peine capitale aux États-Unis : le retour de la chaise électrique et du peloton d'exécution ?

C 'est un paradoxe morbide : alors que les USA ont de plus en plus de mal à se procurer le produit employé jusqu'ici pour l'injection létale, certains États sont prêts à revenir à des méthodes que l'on croyait révolues. "Envoyé spécial" s'est rendu dans le Wyoming, qui envisage le retour au peloton d'exécution. Extrait.

L'Utah est devenu, le 23 mars, le premier État américain à rétablir les pelotons d'exécution pour les condamnés à mort, en cas de pénurie de produits d'injection létale. Peloton d'exécution, chaise électrique, chambre à gaz ou pendaison... l'utilisation de ces méthodes ressurgit dans le débat national aux USA. Car le pays a de plus en plus de mal à se procurer la substance nécessaire à l'injection létale. Les fabricants européens refusent désormais de leur fournir l'anesthésiant employé jusqu'ici.

Pierre Monégier et Mathias Barrois se sont rendus dans le Wyoming. Le sénateur républicain Bruce Burns souhaite aussi ajouter le peloton comme option d'exécution pour l'État si les substances létales ne sont pas disponibles, et non à la demande du prisonnier. Les États-Unis ont exécuté plus de 1 300 prisonniers depuis que la peine de mort a été rétablie en 1976, après un moratoire de quatre ans.

Pour le sénateur du Wyoming, "fusiller, c'est plus humain"

Ainsi, le peloton d'exécution est toujours une option que le condamné peut choisir dans l'Utah (le dernier cas ne remonte qu'à 2010). L'électrocution peut toujours être pratiquée dans huit États, dont la Virginie, qui envisage d'ailleurs d'en faire la méthode d'exécution par défaut, selon la presse locale. L'Arizona et le Missouri permettent l'exécution dans une chambre à gaz.

Pour le sénateur Burns, il ne s'agit pas d'un retour en arrière : "L'article de loi dans le Wyoming stipule que la deuxième option d'exécution, si on ne parvient pas à se procurer les produits d'injection létale, c'est la chambre à gaz. Le Wyoming n'a pas de chambre à gaz. Notre projet de loi veut faire du peloton d'exécution l'autre possibilité."

Et le sénateur de poursuivre son argumentation : "Fusiller, c'est ce qu'il y a de plus efficace. Je me suis mis à la place du condamné. Si c'était moi c'est comme ça que je préférerais être exécuté. C'est plus humain."