Pérou : le chef du Parlement devient président après la destitution de Martin Vizcarra

Manuel Merino a appelé à l'"unité" nationale et a promis qu'il quitterait ses fonctions le 28 juillet 2021, le jour où le mandat de son prédécesseur devait prendre fin.

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Manuel Merino (à droite) devient président de la République, mardi 10 novembre 2020 à Lima (Pérou). (ANDINA / AFP)

Il a "juré" qu'il exercerait fidèlement ses nouvelles fonctions "par Dieu, par le pays et par tous les Péruviens". Le chef du Parlement péruvien, Manuel Merino, a endossé mardi 10 novembre la fonction de président du pays, au lendemain de la destitution par ce même Parlement de l'ex-président Martin Vizcarra.

Ingénieur agronome de centre-droit de 59 ans presque inconnu des Péruviens, Manuel Merino devient le troisième président du pays andin depuis 2016. Lors de son premier discours devant le Parlement, il a assuré que son "premier engagement (...) [serait] de respecter le processus électoral en cours", promettant que les élections générales, au cours desquelles la population choisira pour cinq ans le président de la République ainsi que 130 députés, auront bien lieu le 11 avril 2021.

Il a ensuite appelé à l'"unité" nationale et a promis qu'il quitterait ses fonctions le 28 juillet 2021, le jour où le mandat de son prédécesseur devait prendre fin.

Destitué, l'ancien président se dit "inquiet" pour son pays

Martin Vizcarra avait été destitué lundi de son poste de président de la République pour "incapacité morale". Il est accusé d'avoir touché des pots-de-vins en 2014, alors qu'il occupait le poste de gouverneur, ce qu'il nie. Il s'est depuis engagé à collaborer avec la justice.

Dans une intervention mardi, Martin Vizcarra a remis en cause "la légalité et la légitimité" de l'accession au pouvoir du président du Parlement. "Je suis inquiet, comme beaucoup de Péruviens, car une autorité a besoin de deux principes et conditions de base pour pouvoir exercer son autorité : la légalité et la légitimité", a-t-il déclaré à la presse devant son domicile à Lima.

"La légalité est remise en question parce que la Cour constitutionnelle n'a pas encore statué et que la légitimité est donnée par le peuple", a-t-il dit alors que dans les rues du centre historique de Lima, proches du Parlement, la police dispersait avec du gaz lacrymogène les groupes de manifestants hostiles à la procédure de destitution, approuvée lundi par 105 Parlementaires sur 130.

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