Le suicide d'Amanda Todd, un feuilleton judiciaire écrit sur le web

Le suicide de l'adolescente canadienne suscite un grand émoi sur les réseaux sociaux. Le feuilleton prend à présent une tournure judiciaire, toujours sur internet.

Une femme regarde la vidéo publiée par Amanda Todd sur YouTube, le 16 octobre 2012 à Washington (Etats-Unis).
Une femme regarde la vidéo publiée par Amanda Todd sur YouTube, le 16 octobre 2012 à Washington (Etats-Unis). (MLADEN ANTONOV / AFP)

AMERIQUES - Une semaine après le suicide d'Amanda Todd, le feuilleton se poursuit toujours sur internet, mercredi 17 octobre. Victime de cyber-intimidation, la lycéenne de 15 ans de Port Coquitlam (Canada) s'est tuée à son domicile le 10 octobre, déclenchant une vague de solidarité et de rumeurs. FTVi retrace la chronologie en ligne de cette affaire.

1Le harcèlement

En 2009, Amanda Todd envoie, via une webcam, l'image de ses seins nus à un internaute rencontré lors d'un chat vidéo. Celui-ci lui demande de "faire un show" pour lui et, face à son refus, il finit par diffuser la poitrine de l'adolescente sur internet.

L'incident de la photo entraîne chez la jeune fille des crises de panique et de dépression. Sa famille déménage, mais son état ne s'améliore pas et elle cherche alors refuge dans la drogue et l'alcool. La photo ressurgit sur la Toile, et avec elle des messages d'intimidation sur Facebook, entraînant un nouveau changement d'école. Après un flirt poussé avec le petit ami d'une autre élève, elle est jetée à terre et battue, et elle tente de se suicider.

2 L'appel sur YouTube

Le 7 septembre 2012, Amanda Todd publie un court film composé de cartons blancs où elle décrit avec un gros marqueur noir les mauvais traitements dont elle affirme avoir fait l'objet. La vidéo est vue dans un premier temps par quelques milliers de personnes.

3 Le suicide et l'émotion

Le 10 octobre, la lycéenne se suicide à son domicile. Dès l'annonce de son décès, les hommages à l'adolescente affluent sur les réseaux sociaux, et la vidéo atteint des millions de consultations. Toujours via internet, des dons affluent sur un compte ouvert par sa famille pour une fondation d'aide aux jeunes connaissant une situation similaire. La Première ministre de la province de Colombie-Britannique, Christy Clark, publie sur internet une vidéo de condoléances. Elle lance par ailleurs l'idée d'engager une discussion nationale sur l'opportunité de faire de la cyber-intimidation un délit puni par la loi.

Sur Facebook, un homme fait les frais de la vague d'émotion, après avoir écrit un commentaire désobligeant sur la mort de la lycéenne. Une internaute adolescente parvient en effet à trouver son employeur sur sa page Facebook et lui envoie un courriel, provoquant son licenciement immédiat à Toronto.

4 La traque

Lundi 15 octobre, les hackers du groupe Anonymous affichent sur internet une vidéo affirmant que cette "abomination va être punie". Ils déclarent connaître l'identité de l'homme à l'origine du harcèlement et donnent son nom et son adresse, dans la région de Vancouver. Selon la chaîne de télévision CTV, l'intéressé a avoué avoir connu Amanda, mais a dit avoir été son ami et avoir indiqué à la police le véritable coupable.

"L'internet et les médias sociaux ont joué un rôle central dans l'affaire d'Amanda et un rôle tout aussi central dans notre enquête" sur son suicide, a affirmé mercredi un porte-parole de la police fédérale. La police fédérale a même mis en garde contre l'apparition en ligne de fausses informations qui perturbent son enquête. Le porte-parole a présenté la vidéo des Anonymous comme une "affirmation sans fondement".