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Haïti : deux journalistes assassinés par un gang

Les deux journalistes effectuaient un reportage sur "le climat sécuritaire de la zone". Ils ont été tués jeudi lors d'une fusillade dans une zone sous contrôle de bandes armées.

Article rédigé par franceinfo avec AFP
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Publié Mis à jour
Temps de lecture : 2 min
La ville de Port-au-Prince (Haiti), le 28 octobre 2021. (RICARDO ARDUENGO / AFP)

C'est une nouvelle illustration du chaos sécuritaire dans lequel est plongé Haïti, englué dans une crise profonde six mois après l'assassinat du président Jovenel Moïse. Deux journalistes haïtiens ont été assassinés, jeudi 7 janvier, par un gang en périphérie de la capitale Port-au-Prince. Wilguens Louissaint et Amady John Wesley ont été tués lors d'une fusillade dans une zone sous contrôle de bandes armées, a précisé à l'AFP l'employeur du second, un média en ligne basé à Montréal, où vit une large communauté haïtienne.

Un troisième journaliste qui les accompagnait lors de leur reportage, portant sur "le climat sécuritaire de la zone", a pu s'enfuir, selon la même source. "Nous condamnons avec la dernière rigueur cet acte criminel et barbare", a réagi Francky Attis, directeur général de Radio Ecoute FM, qui dénonce également "une atteinte grave" aux droits "des journalistes d'exercer leur profession librement dans le pays". Le média en ligne a demandé jeudi soir, dans un communiqué aux autorités haïtiennes, de "prendre leur responsabilité en vue de créer des conditions sécuritaires favorables à toutes et à tous".

Au moins 950 enlèvements en 2021

Haïti est, depuis des mois, sous la coupe réglée de gangs dont l'emprise s'est largement étendue au-delà des quartiers défavorisés de Port-au-Prince. La zone de Laboule 12, où les trois journalistes s'étaient rendus jeudi, fait l'objet d'intenses combats entre plusieurs bandes armées qui veulent s'en assurer le contrôle. Le chemin qui la traverse est l'unique voie terrestre alternative pour rejoindre la moitié sud du pays, faute de pouvoir emprunter la route nationale totalement contrôlée, depuis juin, par l'un des plus puissants gangs d'Haïti.

La crise politique endémique dans ce pays pauvre des Caraïbes, encore aggravée par l'assassinat du président Jovenel Moïse il y a six mois, n'a fait que détériorer la situation sécuritaire. Au moins 950 enlèvements ont été recensés en Haïti en 2021, selon le Centre d'analyse et de recherche en droits humains, organisation basée à Port-au-Prince.

Sous-équipée face à des groupes criminels disposant d'un arsenal de guerre, la police haïtienne n'a pas organisé d'opérations d'ampleur contre les gangs depuis mars 2021. Le 12 mars dernier, les forces de l'ordre avaient tenté d'intervenir dans un quartier de la capitale connu pour être utilisé par un gang comme lieu de séquestration de personnes enlevées. Quatre policiers avaient alors été tués, et leurs corps et du matériel n'avaient jamais pu être récupérés.

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