Crash du Rio-Paris : la fatigue des pilotes mise en cause

Selon un rapport judiciaire sur l'accident de juin 2009, que s'est procuré "Le Point", l'équipage n'avait pas assez dormi. 

Une partie de l\'Airbus AF447 reliant Rio à Paris est récupérée par la marine brésilienne, le 8 juin 2009, après le crash de l\'avion. 
Une partie de l'Airbus AF447 reliant Rio à Paris est récupérée par la marine brésilienne, le 8 juin 2009, après le crash de l'avion.  (BRAZILIAN NAVY / AFP)

Quatre ans après le crash du vol Rio-Paris, la thèse de la défaillance humaine est alimentée par de nouvelles données. Le magazine Le Point publie, vendredi 15 mars, le contenu du rapport judiciaire remis aux juges d'instruction en 2012. Selon le document, les pilotes aux commandes de l'Airbus manquaient visiblement de sommeil, ce qui pourrait avoir perturbé leurs réactions. Ceux-ci "n'ont jamais compris qu'ils décrochaient", a conclu le Bureau d'enquêtes et d'analyses (BEA) en 2012.

Les auteurs du rapport cité par l'hebdomadaire ont ainsi retranscrit les enregistrements de la deuxième boîte noire, qui captent les voix et les bruits dans le cockpit. "Cette nuit, j'ai pas assez dormi. Une heure, c'était pas assez tout à l'heure", confie le commandant de bord du vol Rio-Paris, à 1h04 du matin. Les auteurs du rapport évoquent un équipage "sans dynamisme". Ils ajoutent encore que "pendant les 23 premières minutes d'enregistrement, le silence domine au sein de l'équipage, avec les communications radio du contrôle de Recife [Brésil] en arrière-plan, l'attention est relâchée au point d'écouter de la musique."

Pourquoi cette fatigue ? Le Figaro avance des explications. Selon le journaliste chargée de l'enquête sur le drame, l'équipage "montre des signes d'épuisement" dès le matin de la catastrophe. Un des pilotes "s'est rendu à Rio en compagnie de sa femme" et "le commandant de bord (...) est également accompagné de sa maîtresse". Selon lui, "on peut penser qu'ils se rendent à Rio dans un esprit plus festif que professionnel, et que ce jour-là, après une nuit trop courte, le commandant de bord n'était pas en état de réaliser ce vol".