Déforestation en Amazonie : "Les consommateurs sont complices malgré eux", selon le député Matthieu Orphelin, signataire d'une tribune

"On n'a pas conscience que ce que l'on mange a une incidence sur la déforestation", a expliqué Matthieu Orphelin sur franceinfo.

Le député Matthieu Orphelin, le 23 avril 2019.
Le député Matthieu Orphelin, le 23 avril 2019. (FRANCK DUBRAY / MAXPPP)

Avec 45 députés et 17 ONG, Matthieu Orphelin demande "l’élaboration d’une loi garantissant qu’aucun produit issu de la déforestation, de la conversion d’écosystèmes naturels n’entre sur le marché commun". Le député ex-LREM de la 1re circonscription du Maine-et-Loire, a cosigné une tribune publiée dimanche 1er septembre dans le Journal du Dimanche. Invité de franceinfo, l'élu a affirmé que "les consommateurs sont malgré eux complices de la déforestation" de l'Amazonie.

Renouer un dialogue ferme avec le Brésil

Matthieu Orphelin rappelle que la France importe tous les ans 3 millions de tonnes de soja brésilien, ce qui participe de la déforestation de l'Amazonie. "Nous mangeons de la viande qui provient d'animaux alimentés avec du soja, détaille Matthieu Orphelin. On importe en France plus de 3 millions de tonnes de soja brésilien par an. Et une partie de ce soja vient de terres qui ont contribué à la déforestation de l'Amazonie. Cela ne peut plus durer. Il faut qu'on agisse."

Parmi les leviers d'action, Matthieu Orphelin souligne qu'il faut renouer "un dialogue très ferme avec le Brésil, accompagné éventuellement de sanctions commerciales", notamment sur le soja et le bœuf. D'après l'élu, alors que la France a annoncé ses réticences face au traité du Mercosur, désormais "il faut maintenant que cette décision soit confirmée au niveau européen".

Impliquer les entreprises françaises

Enfin, "de vrais outils" doivent être mis en place pour lutter contre la déforestation, assure Matthieu Orphelin. "On peut mobiliser nos entreprises pour qu'elles fassent plus attention aux produits qu'elles importent, et ce grâce à une vraie traçabilité. Parfois, on n'a pas conscience que ce que l'on mange a une incidence sur la déforestation. C'est le cas avec le soja brésilien mais c'est aussi le cas avec l'huile de palme importée de Malaisie ou d'Indonésie", a conclu le député.