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Vidéo Le premier procès de la guerre civile algérienne en France

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FRANCE 3
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France Télévisions

Suspectés de torture, d'enlèvements et d'exécutions durant la guerre civile algérienne, deux ex-miliciens comparaîtront devant la cour d'assises du Gard. Pour en parler, Soir 3 reçoit Patrick Baudouin, avocat et président d’honneur de la Fédération internationale des droits de l’Homme. 

Invité sur le plateau du Soir 3, Patrick Baudouin, avocat et président d’honneur de la Fédération internationale des droits de l’Homme, revient sur ce procès symbolique de deux frères soupçonnés d'actes de torture, enlèvements et exécutions durant la guerre civile algérienne. "Bien sûr, il y avait un terrorisme islamiste radical, dangereux et épouvantable, mais en face de ce terrorisme, il y a eu aussi beaucoup d'exactions, par les militaires ou les services de sécurité algériens et également par des milices", rappelle l'avocat des parties civiles.

"Ces milices, au nom de la lutte contre le terrorisme islamiste, ont visé des membres des familles qui pouvaient n'être pour rien dans tout ça, voire un voisin qui ne plaisait pas", poursuit l'homme de loi. Parmi ces milices, celle de Relizane, une région où de nombreuses exactions ont été perpétrées. Les deux frères, arrêtés en 2004 en France, en faisaient partie.

La France compétente pour juger

Pourquoi le procès se déroule-t-il en France ? "Parce qu'il n'y a pas de justice en Algérie", répond l'avocat. "Il y a une charte sur la paix et la réconciliation nationale qui interdit toute poursuite", poursuit-il. Et "un pays comme la France est obligé, au titre d'une convention [...], d'arrêter, poursuivre et juger toute personne soupçonnée de torture qui se trouve sur notre territoire". Même s'il s'agit d'une personne étrangère. Ainsi, la France est compétente pour juger.

"Ce que nous attendons, surtout pour les familles des victimes et pour les victimes de cette époque, c'est qu'il y ait ce premier procès qui aille à son terme, pour enfin qu'il y ait la possibilité [...] d'aller vers un procès exemplaire. C'est vraiment un procès emblématique et unique pour l'instant",  conclut Patrick Baudouin.

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