Funérailles d'Idriss Déby : "La présence du président Macron" est "un signal politique", selon le général Jérôme Pellistrandi

Le Tchad est "un allié précieux pour la France dans le combat contre les groupes jihadistes terroristes" et "beaucoup d'acteurs extérieurs ont intérêt à [le] déstabiliser". D'où l'affichage nécessaire du soutien de la France par le président de la République, justifie Jérôme Pellistrandi.

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Radio France
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Emmanuel Macron enlace le président mauritanien Ould Cheikh El Ghazouani lors de son déplacement au Tchad pour les funérailles du président Idriss Déby, le 22 avril 2021. (CHRISTOPHE PETIT TESSON / POOL)

Emmnanuel Macron est arrivé jeudi soir au Tchad pour assister aux obsèques du président Idriss Déby mort mardi, des suites de blessures reçues au front contre des rebelles. "Il est essentiel" pour la France "de soutenir le gouvernement de transition à base de militaires" mis en place par le fils d'Idriss Déby, a déclaré  vendredi 23 avril sur franceinfo le général Jérôme Pellistrandi, rédacteur en chef de la revue Défense Nationale. "La présence du président Macron pour les obsèques est un signal politique".

franceinfo : Le Tchad d'Idriss Déby est-il un allié important de la France dans cette région au Sahel ?

Général Jérôme Pellistrandi : Depuis très longtemps, le Tchad joue un rôle stratégique majeur dans cette région. C'est un allié précieux pour la France dans le combat contre les groupes jihadistes terroristes. La présence du président Macron pour les obsèques est un signal politique pour le Tchad, mais aussi pour l'ensemble des partenaires de la région.

Mahamat Idriss Déby, 37 ans a succédé à son père, à la tête d'un conseil militaire de transition. Il a promis des élections libres dans un an et demi. Quels sont les liens du fils d'Idriss Déby avec la France ?

Emmanuel Macron vient effectivement soutenir le fils d'Idriss Déby, mais il vient également soutenir le Tchad en tant qu'État. Le Tchad a toujours été menacé par ses voisins. Il faut penser notamment au Soudan, à la Libye, déjà du temps de Kadhafi. Encore aujourd'hui, beaucoup d'acteurs extérieurs ont intérêt à déstabiliser le Tchad. C'est la raison pour laquelle le président est aujourd'hui à N'Djamena.

La France ne peut pas se permettre de laisser le Tchad trop longtemps déstabilisé par la mort de celui qui présidait le pays depuis 30 ans ?

On sait très bien que les principes politiques, le fonctionnement de l'État tchadien ne sont pas forcément les mêmes, n'obéissent pas aux mêmes critères qu'en Europe. Il est néanmoins essentiel de soutenir ce gouvernement de transition, ce gouvernement effectivement à base de militaires, mais aussi de réaffirmer le soutien à ce pays qui est régulièrement menacé par ces groupes venant de l'extérieur.

Les principaux partis d'opposition au Tchad dénoncent tout de même depuis lundi un coup d'État institutionnel du fils d'Idriss Déby. Quelle peut être la position de la France à propos de ce nouvel homme fort ?

Le Tchad est un État souverain. C'est un élément essentiel.

"Nous ne sommes plus au temps de la Françafrique où les présidents venaient prendre leur ordre à Paris. Nous sommes dans un partenariat."

Le général Jérôme Pellistrandi, rédacteur en chef de la revue "Défense Nationale"

à franceinfo

Les militaires de ce conseil militaire de transition sont conscients des enjeux. Ils sont conscients qu'il leur faut obtenir l'adhésion de la population parce qu'il y a un enjeu majeur qui est le développement du pays, extrêmement pauvre, avec peu de ressources. Il faut poursuivre cet effort, il faut donc de la sécurité pour pouvoir recréer un minimum de prospérité.

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