Le Vatican s'implique activement pour consolider la paix au Soudan du Sud

Le pape François a convié, les 10 et 11 avril 2019 au Vatican, le président sud-soudanais Salva Kiir et le chef du principal groupe rebelle Riek Machar à prendre part, avec les autorités ecclésiastiques du pays, à une "retraite spirituelle" pour la paix.

Le pape François reçoit, en audience privée au Vatican, le président du Soudan du Sud, Salva Kiir Mayardit, le 16 mars 2019.
Le pape François reçoit, en audience privée au Vatican, le président du Soudan du Sud, Salva Kiir Mayardit, le 16 mars 2019. (ALESSANDRA TARANTINO / POOL)

Les deux signataires sud-soudanais du traité de paix du 12 septembre 2018, Salva Kiir et Riek Machar, ont rendez-vous à la résidence Sainte-Marthe, au sein du Vatican, pour une retraite spirituelle de deux jours. Outre l'actuel président, y sont conviés quatre vice-présidents de la République du Soudan du Sud, qui dirigeront le pays à compter du 12 mai 2019, en vertu d'un accord de partage du pouvoir pour mettre un terme à la guerre civile. Ce sera l'occasion pour les leaders du futur gouvernement d'union nationale d'"exprimer leur engagement commun pour la paix", a souligné le Vatican. Huit membres du conseil des Eglises du Soudan du Sud, représentant les autorités ecclésiastiques du pays, doivent également prendre part à cette retraite spirituelle de deux jours, clôturée par un discours du Saint-Père.

Vers "un avenir de paix" 

"L'Eglise veut ainsi offrir une occasion propice à la réflexion et à la prière, ainsi qu'à la rencontre et à la réconciliation" aux leaders du Soudan du Sud travaillant pour "un avenir de paix", a indiqué le Vatican dans un communiqué. Outre la bénédiction papale, tous les participants recevront une bible dédicacée conjointement par le Souverain pontife et par l'archevêque de Cantorbéry, Justin Welby, avec ce message : "Recherche ce qui unit – Surmonte ce qui divise."

Le nouvel accord de paix signé entre le président Salva Kiir et son rival prévoit un partage du pouvoir et vise à mettre un terme à près de cinq ans d'une guerre civile. Celle-ci a fait plus de 380 000 morts et plus de quatre millions de déplacés, dont la moitié réfugiée dans les pays voisins. Sans parler de la crise humanitaire qui touche au moins sept millions de Sud-Soudanais.

Cinq ans de guerre fratricide 

En 2017, le pape François avait manifesté son intention de se rendre au Soudan du Sud, accompagné de Mgr Welby. Un souhait qu'il avait réitéré à l'issue d'une audience privée au Vatican accordée au président Kiir, à la mi-mars 2019. Ensemble, ils avaient évoqués des "questions concernant l'application de l'accord" d'Addis Abeba, en particulier la fin des violences, le retour des réfugiés et le développement, a indiqué le Vatican dans un communiqué.

La rivalité entre les deux signataires de l'accord de paix avait basculé dans un conflit armé en décembre 2013. Salva Kiir, un Dinka, avait alors accusé Riek Machar, son ancien vice-président appartenant à l'ethnie nuer, de fomenter un coup d'Etat.

Depuis 2014, plusieurs accords ont été signés entre MM. Kiir et Machar. Le dernier, ratifié à la fin d'août 2015, prévoyait un cessez-le-feu permanent, la participation des rebelles au gouvernement, la démilitarisation des milices et de la capitale, la création d’une armée unifiée. Il prévoit également le retour de Machar exilé depuis août 2016 à Khartoum, au Soudan. Ce dernier a prévu de regagner la capitale, Juba, courant mai dans le cadre de l'application du dernier accord de paix.