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Le donga, un art martial éthiopien en voie de disparition

Article rédigé par Laurent Filippi
France Télévisions
Publié Mis à jour

Même si le donga, une lutte avec des bâtons, est officiellement interdite depuis 1994 en Ethiopie, des tribus perpétuent cette tradition. 

Les Surma de la vallée de l’Omo (sud) en sont les plus dignes gardiens. Mais ce rituel qui permet de désigner les hommes les plus valeureux d’un clan est aujourd’hui en voie de disparition.

18 clichés du photographe Carl de Souza qui s’est rendu à Kibish en septembre 2016 pour suivre cette manifestation, illustrent ce propos.

qui vivent près des rives du fleuve Omo, au sud du pays. Ils pratiquent le donga, une lutte ancestrale qui a lieu après la saison des pluies, à la fin des récoltes.  (Carl de Souza / AFP)
consiste à s'affronter deux par deux armés d’un long bâton. Les anciens et les sages des différents villages sont chargés de fixer la date et le lieu précis des combats.  (Carl de Souza / AFP)
et se purger en se faisant vomir pour purifier leur corps. Juste avant le duel, ils boivent le sang frais d’une vache de leur troupeau, censé leur apporter force et énergie. Comme l’explique Hans Silvester dans son ouvrage «Pastorale africaine», le zébu est le bien le plus précieux pour les Suri. (Carl de Souza / AFP)
se retrouvent alors dans un champ pour s’affronter. Quelques-uns parfois se peignent le corps avec de l'argile pour mieux impressionner leurs adversaires. (Carl de Souza / AFP)
sont entièrement nus pour mieux afficher leur virilité. Certains portent sur la tête, les bras ou les jambes des protections en fibres végétales tressées.  (Carl de Souza / AFP)
choisis parmi les hommes les plus forts de la tribu arrivent sur le lieu du combat portés par les membres des villages. Puis tout le monde danse et chante pour les encourager. (Carl de Souza / AFP)
Ceux qui veulent participer se mettent au centre et choisissent un adversaire qu’ils jugent à leur niveau. (Carl de Souza / AFP)
Chaque adversaire est armé d’un bâton long de deux mètres et très dur (en bois de noisetier ou d’acacia). La joute est violente et très rapide, environ cinq minutes. (Carl de Souza / AFP)
en l’obligeant à mettre un genou à terre. Si l’un des deux chute, il est considéré comme plus faible et doit abandonner le combat. Il est interdit de frapper un homme à terre. (Carl de Souza / AFP)
les blessures sont légion: fracture des os, dents cassées, traumatisme crânien. Le combat peut être mortel quand un coup est donné sur la nuque ou au foie. Seuls les coups dans les organes génitaux sont interdits. (Carl de Souza / AFP)
il devra abandonner le combat sans aucune compensation. Le vaincu montre alors ses blessures avec fierté. Mais, s’il meurt, 20 ou 30 vaches seront offertes à sa famille en compensation.  (Carl de Souza / AFP)
à manier le bâton et aux techniques de combat car le peuple Suri a toujours dû lutter contre des ennemis pour protéger ses terres et ses troupeaux de zébus.  (Carl de Souza / AFP)
Le premier est de prouver la force et le courage des hommes devant les jeunes femmes. Celui qui remporte la victoire peut choisir l’une d’entre elles pour passer quelques heures de plaisir avec elle, et plus si affinités. L’heureuse élue a le droit de refuser.  (Carl de Souza / AFP)
Quand elles acceptent l’invitation du vainqueur, reçue comme un honneur, elles glissent un collier autour du bâton. Il n’est pas rare de voir des mariages se concrétiser.  Mais la fidélité s’impose alors. (Carl de Souza / AFP)
est de pouvoir régler les différents litiges entre les villages. Mais dans ces cas-là, le combat est plus dur que jamais, car inimitié et colère sont souvent de la partie. Le rôle des anciens qui servent d’arbitres est alors primordial.  (Carl de Souza / AFP)
Les litiges ne se règlent plus avec des bâtons de bois mais à coup d’armes à feu. Les premières armes automatiques dont les célèbres Kalachnikov ont fait leur apparition pendant la seconde guerre civile soudanaise (1983-2005). (Carl de Souza / AFP)
l’émergence d’un tourisme ethnique. Avides de sensations fortes, les étrangers transforment peu à peu ces combats rituels en un folklore de pacotille. (Carl de Souza / AFP)
Les garçons Suri préfèrent aller étudier dans les grandes villes et quand ils reviennent dans leurs villages, ils ne veulent plus combattre pour l’honneur ou pour trouver leur future épouse. (Carl de Souza / AFP)

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