La Sierra Leone sur la voie de l'abolition de la peine de mort

La dernière exécution remonte à 1998 :  24 officiers ont été fusillés sur une plage proche de Freetown pour une tentative de coup d'Etat.

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Des détenus à la prison centrale de Freetown, le 7 mai 2021.  (ANNE-SOPHIE FAIVRE LE CADRE / AFP)

Le gouvernement sierra-léonais a décidé de soumettre au Parlement l'abolition de la peine de capitale, maintenue dans l'arsenal juridique malgré un moratoire de fait sur les exécutions, a indiqué le vice-ministre de la Justice, Umaru Napoleon Koroma. Cette ancienne colonie britannique d'Afrique de l'Ouest a été critiquée ces dernières années par les défenseurs des droits de l'Homme pour n'avoir pas aboli dans les textes la peine de mort, bien que les dernières exécutions remontent à plus de vingt ans et que les sentences soient généralement commuées en peines de réclusion à perpétuité.

"Une fois que la législation aura été soumise au Parlement et qu'elle aura été approuvée, c'en sera fini de l'histoire de la peine de mort"

Umaru Napoleon Koroma, vice-ministre de la Justice

à l'AFP

La date à laquelle le texte sera présenté au Parlement n'est pas connue dans l'immédiat, mais le gouvernement a fait part de sa décision au Conseil des droits de l'Homme de l'ONU.

Fusillés sur une plage

La Constitution sierra-léonaise de 1991 prévoit la peine capitale pour le vol aggravé, le meurtre, la trahison et la mutinerie. En 2020, 39 condamnations à mort ont été prononcées dans le pays, soit près du double qu'en 2019 (21), selon Amnesty International. Mais la dernière exécution remonte à 1998, celle de 24 officiers fusillés sur une plage proche de Freetown pour une tentative de coup d'Etat. Malgré un sol regorgeant de diamants, la Sierra Leone est l'un des pays les plus pauvres de la planète. Son économie, gangrenée par la corruption, a été dévastée par une guerre civile atroce (1991-2002) qui a fait quelque 120 000 morts.

En 2004, la Commission vérité et réconciliation mise en place après la guerre civile avait conclu que le conflit avait "abouti à l'avilissement de la vie et de la dignité humaine" et que les gouvernements successifs avaient "abusé de la peine de mort pour éliminer des opposants politiques". Aussi avait-elle appelé l'Etat à renoncer à la peine capitale, pour "montrer l'exemple".

En recul

Selon Amnesty International, on comptabilisait 144 pays abolitionnistes en droit ou de facto fin 2020, c'est-à-dire n'ayant pas procédé à des exécutions au cours des dix dernières années. Soit deux de plus qu'en 2019 et près des trois quarts des Etats dans le monde. La Chine, l'Iran, l'Egypte, l'Irak et l'Arabie Saoudite sont les pays qui recourent le plus à la peine de mort. L'organisation de défense des droits humains estime à des milliers le nombre de personnes qui auraient été exécutées en Chine en 2020, mais souligne que l'information relève du secret d'Etat. En dehors de la Chine, au moins 483 personnes ont été exécutées à travers le monde, dit-elle.

Les condamnations à mort en Afrique subsaharienne ont reculé de 6% l'an dernier, passant de 325 en 2019 à 305 en 2020, selon l'ONG. Les exécutions ont chuté dans le même région de 36%, passant de 25 en 2019 à 16 l'an dernier.

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