Ethiopie : les combats se poursuivent au Tigré, sur fond de crise alimentaire et de rentrée scolaire empêchée

Dix mois de conflit au Tigré ont plongé le nord de l'Ethiopie dans une grave crise humanitaire.

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Dans un camp de réfugiés au Soudan, des enfants éthiopiens du Tigré qui ont fui les combats dans leur région attendent une distribution de nourriture, le 12 décembre 2020. (YASUYOSHI CHIBA / AFP)

La guerre qui oppose depuis 10 mois les forces du Font de libération du peuple du Tigré (TPLF) à l’armée fédérale éthiopienne ne semble pas baisser d’intensité. Le nord du pays est à feu et à sang depuis que le Premier ministre Abiy Ahmed a envoyé l'armée au Tigré pour destituer les autorités locales dissidentes (proches du TPLF).

Conflit enlisé

Abiy Ahmed, prix Nobel de la paix 2019, avait promis une victoire rapide, mais le conflit s'est enlisé. Fin juin 2021, les forces pro-TPLF ont repris la capitale régionale Mekele, puis l'essentiel du Tigré, et poussé leurs forces dans les régions limitrophes de l'Amhara et de l'Afar pour mettre fin à ce qu'elles décrivent comme "un blocus humanitaire du Tigré" et "pour empêcher les forces pro-gouvernementales de se regrouper."

L'extension du conflit a aggravé la crise humanitaire. Plusieurs agences et ONG déplorent les difficultés à accéder aux populations. L'agence humanitaire des Nations unies (Ocha) a déclaré que les convois d'aide vers le Tigré s'étaient pratiquement arrêtés depuis le 20 août, aucun camion ne pouvant pénétrer dans la région où 400 000 personnes vivent dans des conditions de famine, selon l'ONU.

Autorités fédérales et rebelles tigréens se rejettent la responsabilité de la situation, chacun accusant l'autre d'entraver les accès à la région et de plonger la population dans la famine.

"Certains de nos entrepôts ont été pillés et vidés par des troupes du TPLF qui progressent, et particulièrement en Amhara"

Sean Jones, chef de mission à l'Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID)

à l'AFP

1,5 millions d'enfants déscolarisés 

Selon l'Ocha, au moins 5,2 millions de personnes, soit plus de 90% de la population du Tigré, dépendent de l'aide extérieure. La propagation du conflit aux régions de l'Afar et de l'Amhara a par ailleurs fait plus de 300 000 déplacés.

La rentrée scolaire s’annonce également très difficile. "7 000 écoles ont été endommagées par le conflit et plus de 1,42 million d'élèves ont déjà été déscolarisés", a déclaré le ministre éthiopien de l’Education, Getahun Mekuria, qualifiant la situation de "très triste".

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