En RDC, le milliardaire Dan Gertler invite ses "frères et sœurs" congolais à "profiter de la richesse des mines"

L'homme d'affaires israélien, qui contrôle le secteur minier depuis vingt ans, est sous le coup de sanctions américaines pour "corruption". 

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France Télévisions Rédaction Afrique
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Une femme et un enfant cassent de la roche extraite d'une mine de cobalt à Lubumbashi, dans la province du Katanga, en RDC, le 23 mai 2016. (JUNIOR KANNAH / AFP)

Dans une intervention inédite et étrange, le sulfureux homme d'affaires israélien Dan Gertler, sous sanctions américaines, s'est adressé aux Congolais pour leur parler de ses investissements depuis vingt ans dans le pays et leur proposer un partenariat "historique".

Un message vidéo

Les journalistes s’attendaient à une conférence de presse, ils ont eu droit à la projection d'une vidéo préenregistrée en anglais du magnat du secteur minier. Aucune allusion aux accusations de corruption portées contre l'homme d'affaires, mais un plaidoyer pour son investissement depuis plus de vingt ans dans l’industrie minière de RDC où "tout était si difficile". Après un rappel des efforts déployés pour construire des mines, des usines et des infrastructures, Dan Gertler annonce la bonne nouvelle à ses "frères et sœurs" congolais.

Nous sommes arrivés à un stade où nous pouvons partager ensemble la richesse des mines de cuivre et de cobalt de la RDC

Dan Gertler, le magnat des mines en République démocratique du Congo

Kinshasa, le 16 novembre 2020

(Tweet de la journaliste de RFI)

Un "partenariat" avec les Congolais

L’homme d’affaires israélien cite comme exemple le projet minier Métalkol dans la province du Katanga, dont les bénéfices vont commencer à être distribués dès le début de l’année prochaine dans le cadre d’un partenariat "sincère" et "transparent" avec le peuple congolais. 

Le site qui tourne à plein régime avait été racheté à la société minière publique Gécamines en 2017 dans des conditions que les Congolais ignorent. Le milliardaire israélien est placé sous sanctions américaines pour avoir signé des "contrats miniers et pétroliers opaques et entachés de corruption".

Washington l’accuse d’avoir fait perdre 1,36 milliard de dollars de recettes fiscales à la République démocratique du Congo, rien qu’entre 2010 et 2012. Ce qui représente le double du budget annuel consacré à la santé et l'éducation.

En juillet dernier, une enquête de deux ONG, Global Witness et la Plateforme pour la protection des lanceurs d'alerte en Afrique (Pplaaf), a révélé que l’homme d’affaires controversé a réussi à contourner les sanctions américaines en s'appuyant sur un réseau international de blanchiment d'argent.

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